La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Avignon - Entretien / Julie Bertin et Jade Herbulot

En quoi sommes-nous européens ?

En quoi sommes-nous européens ? - Critique sortie Avignon / 2017 Avignon Gymnase Paul Giéra
Légende : Julie Bertin et Jade Herbulot du Birgit Ensemble. CR : Pierre Grosbois

Gymnase Paul Giéra / texte et mes Julie Bertin et Jade Herbulot

Publié le 25 juin 2017 - N° 256

Deux dernières pièces d’une tétralogie sur l’Europe, Memories of Sarajevo et Dans les ruines d’Athènes reviennent sur deux événements marquants de l’histoire récente de l’Europe, dans la continuité de Berliner Mauer qui avait fait sensation.

Pourquoi l’Europe est-elle au centre de votre travail ?

Julie Bertin et Jade Herbulot : A l’origine de ce projet de tétralogie, il y a ce sentiment que nous avons d’être européennes et l’envie d’explorer ce que cela veut dire. Nous avons démarré avec Berliner Mauer et le partage de l’Europe en 1945, nous poursuivons ici en explorant des crises majeures européennes, la guerre de Yougoslavie à la fin du siècle dernier, et la dette grecque, plus récemment. C’est un voyage dans le temps mais aussi vers l’Orient. Car au fur et à mesure de nos recherches, il nous semble que l’Europe a tendance à vouloir oublier sa partie orientale, ces lieux qui font le lien avec l’Orient. Dans notre travail, nous distinguons l’Europe et l’Union Européenne.

Comment abordez-vous la guerre de Yougoslavie ?

J.B. et J.H. : C’est un événement dont nous n’avions que de vagues souvenirs vu notre âge. C’est le symptôme d’un échec diplomatique de l’UE alors que vient d’être signé le Traité de Maastricht. Des promesses sont faites sur la création d’un espace politique commun et en même temps l’UE échoue à empêcher sièges et attaques de toutes parts. Nous sommes allées à Sarajevo et nous avons découvert que là-bas, on ne racontait la guerre qu’en creux, qu’on fait entendre sa violence en évitant de la formuler. Nous tenterons d’être aussi délicates. On mêlera donc différents points de vue issus de notre travail de recherche, les paroles des assiégés, des politiques, de l’UE et des institutions internationales mais aussi des casques bleus qui avaient une vraie connaissance du terrain.

« Nous cherchons à construire un récit sensible des événements historiques. »

Et sur la crise grecque ?

J.B. et J.H. : Le sujet construit la tonalité. Le ton sera là plus corrosif, plus caustique. L’action se passera d’un côté dans un reality show intitulé Parthenon Story 2017 où les candidats – Antigone, Oreste, Cassandre et Ulysse – tentent de recouvrer leurs dettes grâce au jeu. Et d’un autre côté la pièce effectue des retours sur la crise grecque depuis l’annonce du déficit caché en 2009. Le fil entre Sarajevo et Athènes se fera par la figure d’Europe qui revient sous des formes différentes.

Comme dans Berliner Mauer, serez-vous nombreux sur scène ?

J.B. et J.H. : On voulait continuer à être 25. Nous pensons qu’il faut du monde pour embrasser les histoires de l’Histoire, cela donne un souffle épique dans l’écriture des spectacles. Nous cherchons à construire un récit sensible des événements historiques, dans un positionnement clair, pas forcément radical pour autant. Au fond, nous cherchons à voir comment toute décision est motivée par une idéologie quand les discours les habillent de rationalité.

 

Propos recueillis par Eric Demey

A propos de l'événement

Memories of Sarajevo / Dans les ruines d’Athènes
du Dimanche 9 juillet 2017 au Samedi 15 juillet 2017
Gymnase Paul Giéra
55 Avenue Eisenhower, 84000 Avignon, France

à 17h (Memories of Sarajevo) et à 20h30 (Dans les ruines d’Athènes). Relâche le 12 juillet. Tél : 04 90 14 14 14. Durée : 2h20.


 


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