Une rentrée « K-arrément Corée » à Guimet
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Épicentre d’un groupe de six interprètes, Emmanuelle Bercot orchestre une parodie d’émission de radio qui tente de repenser nos modes de vie dans un monde qui s’effondre. Signée Jules Sagot et Christophe Montenez, cette comédie aux accents de farce allie gaieté théâtrale, questionnements écologiques et tragique existentiel.
Assez vite, l’émission de radio en public animée par Isabelle Percot (Emmanuelle Bercot) — à laquelle participent des personnages interprétés par Sharif Andoura, Candice Bouchet, Jean‑Charles Clichet, Léo Fernique et Ferdinand Niquet‑Rioux — se laisse aller à des déséquilibres et des débordements. Elle se met à tanguer, à trébucher, glisse vers des excès qui se nourrissent les uns les autres. Et au lieu d’essayer de recadrer cette édition spéciale consacrée à l’écologie, les différents protagonistes de Dans le ventre des cerveaux s’enfoncent dans leurs dérapages. Ils vident des verres de vin aussitôt reremplis, mangent des plats préparés en direct par une cuisinière, ricanent, badinent, s’esclaffent, ne prennent finalement pas très au sérieux le sujet qui les occupe. Au bord du chaos, ils font le pari de la fuite en avant. C’est bien sûr la course folle de l’humanité vers un futur qui n’a plus grand-chose d’incertain qui est ici pointée du doigt. Allégorie des comportements souvent inappropriés, parfois absurdes, que nous brandissons face à l’emballement de la crise climatique, le spectacle satirique imaginé par Jules Sagot et le sociétaire de la Comédie-Française Christophe Montenez investit, dans son propos comme dans sa forme, la situation complexe, voire insoluble, à laquelle nous sommes toutes et tous individuellement confrontés.
Bons vivants et écolos
Dépassant l’opposition simpliste qui renvoie dos à dos bons vivants et écolos, Dans le ventre des cerveaux casse peu à peu les codes de comédie réaliste instaurés en début de représentation pour avancer vers une forme de grotesque plus libre, plus surprenante. Pleinement intégrés au théâtre bouillonnant qui se crée avec eux, les spectatrices et spectateurs interviennent et témoignent. Certains partagent des mets et des boissons avec les interprètes, d’autres prennent publiquement des résolutions visant à réduire leur empreinte carbone, salués haut et fort par une salle largement acquise à la cause du spectacle. Déjantée et disparate, cette proposition hardie s’autorise des suites de rots et de flatulences, tout en ouvrant des champs de réflexions très sérieux sur la décroissance, la pensée systémique, la sixième extinction de masse, l’amnésie générationnelle. Sans dogmatisme, sans moralisme, nourrie d’enregistrements documentaires, de chant lyrique et de musique électronique, elle tend un miroir à notre sentiment d’impuissance et à nos contradictions. Entre bouffées comiques, tragiques et poétiques, Dans le ventre des cerveaux chasse définitivement l’idée d’une solution facile qui pourrait résoudre les dilemmes existentiels qui tourmentent nos esprits.
Le mercredi et le vendredi à 20h ; le mardi et le jeudi à 19h30 ; le samedi à 19h ; le dimanche à 16h. Durée: 1h35. Tél. : 04 72 77 40 00. theatredescelestins.com
Également du 9 au 25 octobre 2026 au Théâtre des Bouffes du Nord, 37 bis Boulevard de la Chapelle à Paris. Tél 0146073450.
Les 3 et 4 novembre au Foirail à Pau.
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