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Avignon - Entretien

Capital risque de Manuel Antonio Pereira, mise en scène Jérôme Wacquiez

Capital risque de Manuel Antonio Pereira, mise en scène Jérôme Wacquiez - Critique sortie Avignon / 2021 Avignon Avignon Off. Le 11 · Avignon
© Simon Gosselin Jérôme Wacquiez

Le 11 · Avignon / de Manuel Antonio Pereira / mise en scène Jérôme Wacquiez

Publié le 25 juin 2021 - N° 290

Passionné par l’approche de Manuel Antonio Pereira de la jeune génération européenne, Jérôme Wacquiez met en scène son Capital risque. Un portrait polyphonique de la jeunesse des grandes écoles.

Avec votre compagnie Les Lucioles, vous œuvrez par cycles de travail avec des auteurs contemporains. Pourquoi vous être tourné vers Manuel Antonio Pereira ?

Jérôme Wacquiez : J’ai découvert l’écriture de Manuel Antonio Pereira avec Berlin sequenz publié aux Éditions Espace 34. Ce premier tome d’un triptyque consacré à la jeune génération européenne m’a beaucoup intéressé pour sa manière d’aborder la jeunesse et de s’adresser à elle. J’ai travaillé le texte avec des étudiants du Conservatoire, mais l’auteur que j’ai rencontré à Bruxelles m’a appris qu’un autre metteur en scène allait monter la pièce. Il m’a parlé de Capital risque, son second volet, et me l’a donné à lire. Je n’ai pas hésité, je voulais m’y atteler.

Ce n’est pas la première fois que vos créations touchent à la jeunesse. En quoi ce sujet vous intéresse-t-il ?

J.W. : Cinq jours en mars de Toshiki Okada parlait en effet de la génération Y et Quand j’aurai mille et un ans de Nathalie Papin, destinée au jeune public, du transhumanisme. Avec Capital risque, j’aborde une jeunesse tout autre : celle des grandes écoles françaises. L’auteur étant un Portugais résident en Belgique, il porte sur le sujet un regard un peu extérieur que j’ai trouvé passionnant. Mettre en scène pour la jeunesse est pour moi une manière de remettre en question mes idées et mes pratiques.

« Mettre en scène pour la jeunesse est pour moi une manière de remettre en question mes idées et mes pratiques. »

La pièce raconte en parallèle le parcours de jeunes de Clermont-Ferrand qui prennent des chemins différents, les uns intégrant de grandes écoles à Paris, les autres restant en province pour trouver un emploi ou étudier. Quel parti prend l’auteur ?

J.W. : Il pose la question de ce que signifie « réussir sa vie » et laisse la réponse assez ouverte. D’un côté comme de l’autre, certains échouent, d’autres s’en sortent. Cette complexité est passionnante à mettre en scène.

La pièce impose une importante distribution de dix comédiens. Comment les avez-vous choisis ?

J.W. : J’ai fait le tour des grandes écoles afin d’en rencontrer les élèves sortants. Les fonds d’insertion existants m’ont permis d’assumer les coûts d’une telle distribution ! En travaillant avec ces élèves, je me suis rendu compte des parallèles entre leur formation et celle des grandes écoles de commerce dont il est question dans la pièce. J’ai beaucoup aimé mesurer la manière qu’ils ont d’appréhender le théâtre, très différente de la mienne à leur âge, il y environ 25 ans. Ce fut passionnant, parfois vertigineux !

 

Propos recueillis par Anaïs Heluin

A propos de l'événement

Capital risque
du Mercredi 7 juillet 2021 au Jeudi 29 juillet 2021
Avignon Off. Le 11 · Avignon
11 boulevard Raspail

à 14h30. Relâche les 12, 19 et 26 juillet. Tel : 04 84 51 20 10.


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