La Terrasse

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Théâtre - Gros Plan

Blackbird

Blackbird - Critique sortie Théâtre
Crédit photo : Jean-Pierre Maurin Légende photo : « Léa Drucker et Maurice Bénichou dans un huis clos à suspens signé David Harrower. »

Publié le 10 décembre 2008

Sur les pentes de l’amour et du désir

Claudia Stavisky met en scène Blackbird, la dernière pièce de l’auteur britannique David Harrower. Un face-à-face dense et complexe interprété par Léa Drucker et Maurice Bénichou.

« J’étais trop jeune, lance Una à Ray. Trop trop a / amoureuse. / Trop conne de pas avoir été plus vieille / de ne pas avoir eu / la conscience / l’expérience. / Mais c’était ça que tu voulais. / Je ne posais pas de questions compliquées. / Je n’avais pas de questions à poser. / Je voulais tout ce que tu voulais. » Des questions, l’écriture hachée, heurtée, de Blackbird en pose de nombreuses. Des questions sur l’amour, sur le désir, sur l’attirance sexuelle, sur les liens amoureux susceptibles d’unir une fillette de douze ans et un quadragénaire. Dévoilant peu à peu les éléments d’une histoire survenue quinze ans auparavant, David Harrower a construit un huis clos à suspens qui multiplie les champs d’explorations psychologiques et les rebondissements. « Il s’agit d’un face-à-face très dense, d’une rare complexité, affirme Claudia Stavisky. Blackbird pose la question du désir : qu’est-ce qui peut relier deux êtres, quelle est cette chose qui peut les attirer l’un vers l’autre, les pousser à vouloir habiter le même lopin de terre ? »

Un thriller amoureux

« David Harrower nous place face à cette histoire comme face à une mer très profonde, poursuit la metteure en scène. Une mer dans laquelle on plonge sans jamais parvenir à en atteindre le fond. Il joue au chat et à la souris avec nous, nous tient en haleine d’un bout à l’autre de la pièce : on se pose des questions, on doute, on est en permanence bousculés dans nos consciences. » En effet, se gardant d’orienter les réflexions que suscitent, chez le public, les agissements des deux personnages, l’auteur trace le cadre de problématiques intimes excessivement troubles, donne naissance à des enjeux humains ardus et équivoques. Des enjeux et des problématiques que Claudia Stavisky a souhaité investir en centrant sa mise en scène sur la direction d’acteurs, cherchant ainsi à mener Léa Drucker et Maurice Bénichou vers une forme de « vérité absolue ». « La base de notre travail a été de ne surtout pas faire de théâtre, explique-t-elle, de tendre vers une très grande évidence. D’une certaine façon, je souhaitais que chaque spectateur, en entrant dans cette histoire-là, soit mis dans la position de quelqu’un qui regarde par le trou d’une serrure. »
 
Manuel Piolat Soleymat


Blackbird, de David Harrower ; texte français de Zabou Breitman et Léa Drucker ; mise en scène de Claudia Stavisky. Du 3 au 19 décembre 2008. Du mardi au samedi à 20h30, le dimanche 14 décembre à 15h00. Théâtre de la Ville, salle des Abbesses, 31, rue des Abbesses, 75018 Paris. Réservations au 01 42 74 22 77.
Reprise du 4 au 14 mars 2009 au Théâtre des Célestins, à Lyon.

A propos de l'événement



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