« Uma Luz Cordial » de Carolina Bianchi, une partition plus textuelle que performative où s’expose un tumulte d’ambivalences
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Sous la direction de l’auteur et metteur en scène Benoît Lambert, Robert Angebaud, Antoine Besson, Christophe Brault, Étienne Grebot et Emmanuel Vérité crèent La Mélancolie des paquebots à la Comédie de Saint-Étienne. Dans ce spectacle entre tendresse et férocité, les cinq comédiens interprètent une bande de vieux clowns qui tente désespérément de réaliser le spectacle le plus drôle du monde.
« Le Mélancolie des paquebots est un spectacle qui s’est construit à partir de diverses hypothèses concurrentes qui n’ont pas toutes été résolues. Parmi elles, il y a l’idée d’une fable surréaliste ou rêveuse, un peu onirique, au sein de laquelle quatre hommes entre 50 et 60 ans arrivent dans un salon. Ils portent des vêtements de deuil. À l’évidence, ils viennent pour des obsèques. Ils s’installent dans cet espace, attendent puis, soudain, un cinquième personnage entre, un homme plus âgé. On comprend qu’il s’agit de ses propres funérailles, mais qu’il n’est pas mort… À partir de là, cette bande de vieux clowns s’engage dans une suite d’expériences qui pourrait être une tentative de faire de l’art, ou de changer le monde, ou encore d’essayer de faire le spectacle le plus drôle qui soit. Un peu comme s’ils effectuaient leur dernier tour de piste. Leur présence sur scène donne alors lieu à toutes sortes de ratages, d’effondrements, de situations bouffonnes et burlesques.
Une suite de ratages et d’effondrements
Ce spectacle raconte de façon un peu amusée, un peu caustique, quelque chose d’un naufrage lié à la qualité des personnages que l’on a sous les yeux. Ils ont tous un certain âge, sont tous des hommes, sont tous blancs. Quelque chose de cette identité a un rapport avec ce qu’ils sont en train de rater. Je le dis de façon assez simple, mais disons qu’ils s’agit quand même d’un procès, même s’il n’est pas explicite. Je pourrais rajouter que ces hommes sont hétérosexuels, qu’ils représentent une norme dominante qui est aujourd’hui, je crois à juste titre, désignée non pas comme la source de tous les maux, mais en tout cas comme une construction identitaire qui pèse lourd dans le devenir de notre espèce. La Mélancolie des paquebots, contrairement à certains de mes précédents spectacles, ne produit pas de discours militants ou politiques. Cette proposition répond à un principe de rêve, c’est-à-dire de juxtaposition, de collage, de sublimation et de condensation. Elle fonctionne par adjonctions, comme une divagation entre tendresse et férocité. »
Manuel Piolat Soleymat
Du lundi au vendredi à 20h, le samedi à 17h, le vendredi 9 octobre à 18h. Durée : 1h15. Tél. : 04 77 25 14 14. www.lacomedie.fr
Également du 24 novembre au 2 décembre 2026 au Théâtre Dijon Bourgogne et du 5 au 13 décembre au Théâtre de La Tempête à Paris.
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