Jérémie Le Louët et les siens revisitent « Macbett » de Ionesco et célèbrent la force du théâtre avec maestria.
Artisans talentueux, Jérémie Le Louët et les [...]
Matthieu Roy réunit les jeunes diplômés de l’Ecole Supérieure d’Art Dramatique de Paris dans une adaptation très réussie de Peer Gynt où irradie Léa Launay, au talent remarquable entre tous.
Peer Gynt, qui croise les genres, regorge de personnages, multiplie les rebondissements et s’affranchit des astreintes matérielles du théâtre, a la réputation d’être une gageure à mettre en scène. La contrainte qu’impose le partage du rôle principal entre plusieurs des jeunes acteurs de l’ESAD aurait pu ajouter à la confusion. Mais Matthieu Roy relève le défi de la pièce et celui d’une distribution égalitaire avec une grande maîtrise et une impeccable fluidité dramaturgique et théâtrale. Autour d’un échafaudage, qui multiplie les aires de jeu, et grâce à un ingénieux rail circulaire permettant les changements d’interprètes qui apparaissent et disparaissent sur un lorry, les aventures de Peer vont tambour battant. Entre provocations, épreuves, bonheur et malheur, réussites et défaites, gloire et ruine, le mauvais garçon, devenu marchand d’esclaves, brise le cœur de Solveig et celui de sa mère, batifole parmi les trolls, engrosse leur princesse et fait théâtre de ses aventures.
Aller vers son risque
Dans les costumes très réussis de Charlotte Le Gal, hilarants quand ils habillent les trolls, et sous les lumières de Manuel Desfeux, Mathieu Capella, Souad Dantas, Aurélien Gerhards, Mahaut Grasset, Léa Launay, Domitille Leboeuf, Max Lochon-Bertrand, Steven Injiraky, Paul-Arnaud Rivière et Emmanuelle Vintache s’emparent avec un bel entrain de l’histoire de ce jeune homme qui devient lui-même : joli clin d’œil à leur entrée dans la carrière ! Parmi ces jeunes artistes fraîchement diplômés de l’ESAD, Léa Launay, dans le rôle de la mère de Peer Gynt et dans celui du roi des trolls, brille avec une confondante évidence et une aisance très prometteuse. Echo contemporain à la pièce d’Ibsen, Manger un phoque, de Sophie Merceron, couronnée par le Grand Prix de littérature dramatique Jeunesse 2021 d’Artcena, propose une traversée sensible et ludique des désirs d’ailleurs et des élans de transformation. On y découvre la vie d’une fratrie livrée à elle-même, sans adultes, par le regard du cadet, Picot, qui rêve de sortir de sa condition et de réinventer sa vie. Dans une ville qui s’endort sous la glace ou dans le monde brûlant de l’aventure, la jeunesse porte la flamme d’un théâtre pour demain. Il faut aller voir et applaudir ces débutants, afin d’éviter les « retards d’avenir » contre lesquels mettait en garde le regretté Jack Ralite. Les coups qui abîment actuellement la jeunesse et la création font craindre un spectre grimaçant, autrement plus inquiétant que le fondeur de boutons qui traque Peer Gynt. Heureux le monde que le théâtre peut encore avertir !
Catherine Robert
Peer Gynt, du lundi au samedi à 19h30 ; dès 12 ans ; durée 1h45. Manger un phoque, samedi à 16h30 et scolaires les 17 et 24 septembre à 14h ; dès 7 ans, durée 50 min. Tél. : 01 40 31 26 35.
Artisans talentueux, Jérémie Le Louët et les [...]
Dans son faux seul en scène Fanfare, tout a [...]
Après plusieurs formes légères pensées pour [...]