Avignon - Entretien

Ben & Luc

Crédit : Philippe Savoir L’an passé programmé aux Sujets à Vif, on retrouve Mickaël Phelippeau dans une nouvelle création.

Entretien Mickaël Phelippeau

La nouvelle création de Mickaël Phelippeau ne s’éloigne pas de l’idée de portrait qui parcourt son œuvre.

Comme à chaque fois, cette pièce semble être une nouvelle aventure humaine. Quelle est sa genèse ?

Mickaël Phelippeau : J’ai rencontré Ben et Luc sous forme d’un workshop il y a quatre ans et demi au CDC de Château-Thierry, puis il y a deux ans chez eux à Ouagadougou, où ils ont voulu restituer un duo très sensible de portés sur la place publique. C’est là que j’ai su qu’on ne pouvait pas en rester là. Ce sont deux formidables danseurs habitués à une physicalité impressionnante. Les découvrir dans des choses plus méticuleuses, plus précieuses, plus sensuelles, plus petites, c’est une manière de les voir sous un autre jour. Ben est un garçon très drôle et très extraverti, quand Luc a une personnalité plus secrète. Luc est musicien, il vient d’une famille de griot, et il a fallu qu’il demande l’autorisation pour pouvoir devenir danseur. Même s’ils travaillent avec plusieurs chorégraphes, c’est impossible pour eux de vivre de leur danse. Ben a par exemple ouvert un maquis où il sert des bières à Ouagadougou. Il est porteur de toute une danse d’origine peule, que lui a transmise sa mère, et qu’il nous a décortiquée. C’est toute la complexité de leur relation que j’essaye de mettre au jour.

Avez-vous décidé au préalable des matières sur lesquelles travailler, ou cela a-t-il surgi dans le processus ?

M. P. : Comme dans toutes mes pièces, cela arrive a posteriori. A chaque fois que je rentre en studio, j’apporte mes outils, que j’affine de plus en plus depuis dix ans. On travaille d’abord dans un rapport horizontal. Ils sont là en tant qu’interprètes mais avant tout en tant que personnes, et je les questionne beaucoup. Il y a l’idée de pouvoir se surpasser et se surprendre soi-même. Ben et Luc sont de très bons danseurs, qui appréhendent la scène parce que c’est leur métier. Des endroits plus personnels, plus fragiles, émergent, auxquels ils ne s’attendaient pas. Leur confiance me touche beaucoup et m’émeut énormément. Les portraits que je fais sont aussi suffisamment ouverts pour qu’il y ait une diversité de lectures pour le spectateur. Pour moi c’est très important d’avoir cette porosité, cette souplesse dans une pièce, qui ne donne pas un sens univoque. Je prône la subjectivité des portraits. C’est un dialogue qui s’instaure.

 

Propos recueillis par Nathalie Yokel

A propos de l'événement

Ben & Luc
du Samedi 21 juillet 2018 au Mardi 24 juillet 2018
Festival d’Avignon. CDCN Les Hivernales
18 rue Guillaume Puy, Avignon

Le 21 juillet 2018 à 18h30, le 22 à 15h et 18h30, le 23 à 18h30, le 24 à 15h et 18h30. Tél. : 04 90 14 14 14.


 


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