La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Entretien / Frédéric Hocquard

Arcadi : mieux répondre aux besoins des compagnies en Ile-de-France

Arcadi : mieux répondre aux besoins des compagnies en Ile-de-France - Critique sortie Avignon / 2010
Frédéric Hocquard

Publié le 10 juillet 2008

Ancien directeur de Confluences, lieu pluridisciplinaire à Paris, et à la tête d’un réseau de lieux franciliens alternatifs, Frédéric Hocquard a pris la direction d’ARCADI, établissement public qui informe, conseille et aide à la création et la diffusion les acteurs de la vie artistique francilienne. Au cœur des réflexions de cette institution : la circulation des œuvres, les besoins des compagnies, et la question des critères de distribution des aides.

Cela fait un an que vous dirigez ARCADI. S’agissait-il alors de mettre en place un nouveau projet ?
Frédéric Hocquard : Oui, j’ai été recruté sur la base d’un projet sur différents points. Le premier consiste à renforcer les aspects ressources d’Arcadi  en développant le relais information-conseil. Non pas un lieu d’information, mais un centre dans lequel on trouverait un certain nombre de dispositifs de soutien aux compagnies franciliennes dans les domaines de la mutualisation, de la mise en réseau, des lieux de travail, ou de l’accompagnement à la professionnalisation. L’enjeu est de mieux répondre aux besoins des compagnies en Ile-de-France, identifiés au travers de deux enquêtes sur le théâtre et sur la danse. Le deuxième point, c’est la rencontre entre les compagnies et les programmateurs. Les compagnies ont de plus en plus de mal à diffuser en Ile-de-France. Dans le contexte actuel, les lieux prennent de moins en moins de risques, ou accueillent dans des conditions peu favorables aux compagnies. L’intervention d’ARCADI est financière, par un soutien en production, en diffusion, ou en action artistique. ARCADI doit être au cœur de la circulation : la circulation sur le territoire francilien, la circulation entre l’Ile-de-France et le reste du monde, et la circulation entre les cercles (lieux institutionnels ou non, compagnies reconnues ou émergentes). Il s’agit de sortir les compagnies de l’isolement dans lequel elles pensent être.

S’agit-il des mêmes dispositifs sur le théâtre et sur la danse ?
Non, même si désormais ils se rapprochent, et qu’Arcadi réorganise son fonctionnement autour d’un pôle arts de la scène et d’un pôle image. Le dispositif sur la danse a été construit pour favoriser cet art qui était le parent pauvre du spectacle vivant, avec de grosses difficultés de diffusion. Aujourd’hui, des compagnies théâtrales se retrouvent dans cette même situation. Les dispositifs évoluent pour soutenir les compagnies en production dès la première date de reprise, alors qu’avant nous les soutenions en série. Nous voulons aussi permettre à un certain nombre de compagnies théâtrales d’être vues, autrement que sur la base d’un catalogue.

Toute l’aide d’Arcadi se concentre donc sur les compagnies, mais sur quels critères ?
La réflexion sur la question des critères est récurrente et capitale. Un établissement public comme Arcadi doit prendre en compte plusieurs critères. Le critère artistique d’abord, puis les questions géographique et économique. On ne construit pas ses projets de la même manière lorsque l’on est dans une économie contrainte ou lorsque l’on a un peu plus de moyens.

« L’état doit rester présent dans la culture, il n’a pas à déserter et à transférer cette charge aux collectivités territoriales. »

Quel rapport entretenez-vous entre la région et l’Etat ?
95 % de nos financements viennent de la région, le reste de l’Etat. C’est symbolique, mais l’état doit rester présent dans la culture, il n’a pas à déserter et à transférer cette charge aux collectivités territoriales. Le soutien de la région est en augmentation, et les financements au niveau de l’Etat s’érodent. Le dialogue entre les collectivités territoriales et l’Etat, à partir du moment où il se désinvestit, ne peut aboutir sur de vrais débats. C’est ce qui s’est passé aux Entretiens de Valois ! Les collectivités territoriales ne peuvent pallier le désengagement de l’Etat, même si, d’une certaine manière, elles ont déjà commencé à le faire. Il est nécessaire aujourd’hui de repenser le système de financement de la culture en France.

Propos recueillis par Nathalie Yokel

La Région Ile-de-France et Arcadi organisent une rencontre à Avignon : "Continuer à créer demain : des initiatives de
soutien et d’accompagnement à l’émergence
" le 18 juillet 2009 à 11
heures à La chapelle du Miracle, 13, rue Velouterie.

A propos de l'événement



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