Avec « Cléopâtre », Dan Jemmett lève le voile sur la Reine d’Égypte
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La metteuse en scène Yngvild Aspeli (cie Plexus Polaire) continue de tourner ce que beaucoup considèrent être son œuvre la plus aboutie, Une maison de poupée. Attachée à sonder l’âme humaine, l’artiste livre une pièce minutieusement construite autour de l’enfermement d’une femme, prisonnière des convenances et de la vie domestique.
Une maison de poupée a beau avoir été écrite au 19e siècle, elle n’en garde pas moins une grande actualité. Elle constitue une ode à la liberté, une dénonciation des hypocrisies sociales. Il y a quelque chose de balzacien dans ce personnage de la jeune épouse, Nora, qui se heurte à des murs invisibles qui ne sont autres que les normes d’une bourgeoisie occidentale patriarcale dont on reconnaît aisément les contours. Yngvild Aspeli compose autour du texte d’Ibsen une pièce étouffante, qui fait intensément ressentir l’enfermement physique et mental de son héroïne, et donne d’autant plus de prix à la liberté qu’elle choisit de s’accorder. C’est une pièce intelligemment mise en scène, à la progression implacable. Une pièce qui provoque des secousses.
La marionnette taille réelle comme métaphore des masques sociaux
Yngvild Aspeli se sert de la marionnette pour révéler la vacuité des tenants de l’ordre social : pendant longtemps, seule visible au plateau, elle incarne Nora perdue au milieu d’une foule de pantins, métaphores de la qualité presque inhumaine de ceux qui ont choisi de se laisser guider par les normes plutôt que par le cœur. Ils ne sont, pour cette raison, plus des agents libres et vivants, mais les poupées indiquées par le titre de la pièce. Toutes les marionnettes d’humains sont manipulées à vue, et, audace technique, sont laissées immobiles, exposées au plateau, entre deux scènes. Yngvild Aspeli ne se prive pas d’employer la marionnette pour ce qu’elle peut avoir d’inquiétant : prothèses corporelles, marionnettes de monstres tapis dans l’obscurité, confusion des corps humains avec leurs doubles… L’ensemble produit un effet de malaise croissant, qui ne laisse pas le public indifférent.
Mathieu Dochtermann
du mardi au vendredi à 20h30, le samedi à 20h, et le dimanche à 16h. Tél. : 01 56 08 33 88. Également du 28 au 30 avril 2026 aux Célestins, Lyon.
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