« Excentriques » édition 2026, neuf projets, dont des créations, un ciné-danse, des rencontres, dans un irrésistible élan vital
« Danses mortelles », comme le veut le [...]
Programme phare de la Fondation d’entreprise Hermès, Transforme s’installe au Théâtre de la Cité internationale du 2 au 17 octobre 2026 pour un cycle où les écritures contemporaines interrogent nos manières de percevoir, de ressentir et de traverser le réel.
Cette édition parisienne de Transforme rassemble des artistes qui déplacent les formes et les récits, chacun à sa manière travaillant la transformation comme moteur dramaturgique. Avec Silence, Mathilde Monnier et Lucie Antunes ouvrent la programmation par une expérience physique où la musique devient force d’altération. Au centre d’un plateau circulaire, la pulsation envahit les corps, modifie le temps, installe une transe minimale qui fait vaciller la frontière entre danse, rituel et perception. Dans SÔ AVA, Smaïl Kanouté poursuit cette exploration du sensible en mêlant gestes, héritages et identités, composant une écriture où la mémoire se transmet par le mouvement, entre ancrage et élévation. Le cycle bascule ensuite vers des zones plus instables. Avec Confabulations, Diederik Peeters transforme une conférence en vertige perceptif : la raison déraille, les certitudes se fissurent, et le spectateur se retrouve face à une réalité mouvante où l’illusion devient outil critique.
Trouble, défiance et étrangeté
Le Collectif Les Idoles, avec Strip, travaille la présence comme une énigme : des créatures quasi immobiles, une tension sonore, un trouble qui s’installe et interroge notre rapport au monstrueux, au désir, à l’altérité. Anne‑Sophie Turion, avec La même chose mais pas tout à fait pareille, renverse le rapport entre scène et salle. Ici, le public devient partie prenante d’une pièce qui se construit par micro‑gestes, observations, déplacements infimes. Une manière de réinventer l’être ensemble, de faire de l’attention une matière dramaturgique. Plus sombre, Bunker (lire notre critique dans ce numéro) de Marion Siefert et Matthieu Bareyre imagine un futur brûlant où le langage s’effrite sous l’emprise technologique. Dans ce huis‑clos familial, le silence d’une jeune femme devient résistance, tandis que la parole se délite dans un monde piloté par l’IA. Enfin, Thibaud Croisy revisite Lorca avec La Maison de Bernarda Alba, déplaçant les codes de l’autorité, du désir et de l’enfermement. Sa mise en scène, précise et acérée, interroge la manière dont les corps se soumettent, se rebellent ou se dérobent face aux structures qui les contraignent.
Agnès Izrine
Tél. : 01 85 53 53 85.
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