La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Théâtre - Entretien

Rest and Watch de Jean Bechetoille

Rest and Watch de Jean Bechetoille - Critique sortie Théâtre Paris Théâtre de la Tempête
© Bechetoille Jean Bechetoille

Théâtre de la Tempête

Publié le 21 février 2022 - N° 297

Dans Rest and Watch, Jean Bechetoille prédit l’avenir des enfants nés en temps de pandémie. En partie autobiographique, cette fable familiale et musicale questionne avec humour et gravité les perspectives qui s’offrent à notre société.

Rest and Watch est votre troisième création à la tête de votre Compagnie du 1er août, fondée en 2017. Qu’a-t-elle de commun avec les deux précédentes ?

Jean Bechetoille : L’acte de naissance de la compagnie est la pièce Comment Igor a disparu, que j’ai écrite et mise en scène en 2017. Ce qui est aussi le cas de Vie et mort d’un chien traduit du danois par Niels Nielsen ainsi que de Rest and Watch. D’une pièce à l’autre, on retrouve les mêmes acteurs et techniciens, qui participent aussi au festival La Nuit la plus chaude porté par la compagnie, basée en Bourgogne. Cette dynamique de troupe est très importante pour moi, elle est un élément central de notre identité.

D’une pièce à l’autre, vous développez un univers dont la cellule familiale est le centre. Quelle forme prend-elle dans votre nouvelle création ?

J.B. : La famille de Rest and Watch s’inspire d’une petite forme que j’ai créée en 2020 avec la compagnie, marquée alors par deux grossesses, dont celle de la comédienne Hélène Marchand qui est ma compagne dans la vie. Cette sorte de « cérémonie prénatale » créée en neuf mois est présente dans Rest and Watch, dont les protagonistes enfants Serge et Aliocha sont d’abord dans le ventre leur mère en 2020 puis on les retrouve plus tard jusqu’en 2055. Fort des changements qui ont remodelé le monde, la famille de la pièce vit en vase clos, et les enfants sont conditionnés à ne rien faire.

« Rest and Watch fait étrangement rire. »

L’année 2020 est celle de l’arrivée du Covid parmi nous. En quoi la pandémie est-elle présente dans votre pièce ?

J.B. : La pièce commençant en 2020, et se poursuivant de nombreuses années après, la pandémie n’est finalement pour les protagonistes qu’un vague mauvais souvenir. Elle est l’une des catastrophes qui ont lieu, et pour la famille que l’on voit évoluer entre 2039 et 2055, qui est en fait la réunion de deux familles, suite à la mort mystérieuse du père de Serge, elle est une sorte de spectre. Tel que l’imagine cette famille, qui vit cloîtrée quelque part en Bourgogne dans une nature qui a repris ses droits, le monde est à bout de course. Quel que soit le cadre, les humains conservent leurs travers, leurs contradictions.

Y a-t-il lieu d’espérer dans le monde où évoluent vos personnages ?

J.B. : Dans ce monde, la sieste et le plaisir ont été érigés en règle. Le travail est interdit. Mais ce système peut se révéler être un cauchemar pour ceux qui le vivent, notamment pour les enfants qui brûlent de se réaliser. L’espoir passe par eux. Il passe aussi par le ton de la pièce, qui malgré sa noirceur a quelque chose de festif qui vient de son côté foisonnant. Rest and Watch fait étrangement rire.

Propos recueillis par Anaïs Heluin

 

A propos de l'événement

Rest and Watch
du jeudi 10 mars 2022 au dimanche 27 mars 2022
Théâtre de la Tempête
Cartoucherie, Route du Champ de Manœuvre, 75012 Paris

du mardi au samedi à 20h30, le dimanche à 16h30. Tel : 01 43 65 66 54. www.la-tempete.fr


x

Suivez-nous pour ne rien manquer sur le Théâtre

Inscrivez-vous à la newsletter

[sibwp_form id=1]

x
La newsletter de la  Terrasse

Abonnez-vous à la newsletter

Recevez notre sélection d'articles sur le Théâtre