Disabled Theater
Le spectacle conçu par Jérôme Bel est une [...]
Tout au long de la saison, Philippe Jamet fait vivre le projet de la Maison de la Culture à l’extérieur, à travers une démarche artistique faite de rencontres et de créations.
« Mon travail s’ancre beaucoup dans les territoires. »
On vous retrouve à Bourges avec les fameux Portraits Dansés…
Philippe Jamet : Les Portraits Dansés ont constitué une bonne entrée en matière, à la fois dans mon travail, et en même temps dans le lien avec le territoire. Ce sont des portraits des habitants du monde, déjà réalisés dans quinze pays. J’y interroge des hommes et des femmes de tous âges, chez eux, sur ce que c’est que l’amour, le bonheur, le malheur, la peur, l’espoir. Et à chaque fois qu’ils me répondent quelque chose, je leur demande de danser ce qu’ils viennent de dire. Et mes danseurs reprennent eux-mêmes les gestes des gens sur ces thématiques pour leurs propres soli. J’ai filmé des habitants de Bourges, des détenus à la Maison d’arrêt… C’est un moyen de faire un travail avec les habitants de la ville et de les relier à des gens du monde entier. J’ai trouvé que c’était intéressant dans le cadre du projet d’Olivier Atlan, qui n’est pas simplement d’élaborer une programmation, mais d’aller à la rencontre des publics, de créer une effervescence dans la ville.
Parmi vos autres projets, y a-t-il une forme plateau qui naîtra de votre présence à Bourges ?
P. J. : Oui, une création intitulée Travail sera présentée en mars. C’est un projet qui a été réalisé dans six villes françaises, et a consisté à filmer dans chacune trois hommes et trois femmes sur la question : quel sens a le travail dans votre vie ? On a créé six séries de films sur le travail, accompagnés d’une installation interactive et d’un spectacle, où trois danseurs rencontrent trois travailleurs, sur le plateau.
Quelle idée du travail avez-vous envie de mettre au jour à travers ce projet ?
P. J. : Vaste sujet ! Je n’ai pas d’idée préconçue à développer en particulier. J’ai interviewé des gens parce que je me pose moi-même des questions sur mon travail. Nous sommes tous confrontés à cette idée de rendement, à cette idée que l’être humain n’a plus autant d’importance que ça dans le monde du travail. En questionnant les gens, je ne tiens pas du tout compte de ce qu’ils font, je ne parle pas de leur profession, mais plutôt du sens que le travail revêt dans leur vie. C’est une parole libre, sans questionnaire préétabli. Je m’éloigne de toute démarche sociologique. Je crée des projets qui tentent de répondre à mes questionnements. Mon travail s’ancre beaucoup dans les territoires. C’est le cas des projets en cours : une création pour une vingtaine d’amateurs, qui va se jouer dans l’ancien dortoir d’une abbaye, mais aussi notre projet de festival à Bourges, Les Epiphanies, qui aura lieu dans la ville, peut-être même chez des commerçants.
Propos recueillis par Nathalie Yokel
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