La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Avignon - Entretien Jorge Lavelli

On ne l’attendait pas !

On ne l’attendait pas ! - Critique sortie Avignon / 2015 Avignon Présence Pasteur
Crédit photo : DR Légende : Le metteur en scène Jorge Lavelli.

Présence Pasteur / de Stig Larsson / mes Jorge Lavelli

Publié le 26 juin 2015 - N° 234

Le metteur en scène Jorge Lavelli dirige quatre jeunes comédiens dans On ne l’attendait pas !, de l’auteur suédois Stig Larsson. Une pièce énigmatique, à forte dimension onirique, sur le mystère et la nature d’une culpabilité.

Le fait de mettre en scène un groupe de jeunes acteurs semble au centre de ce projet. Qu’avez-vous souhaité explorer avec Eléonore Arnaud, Hélène Bressiant, Florian Choquart et Jean-Christophe Legendre ?

Jorge Lavelli : Ce n’est pas la première fois que je travaille avec des jeunes comédiens. Je pense toujours qu’il y a plus de fraîcheur chez les jeunes interprètes. Il y a quelque chose de plus ouvert, un esprit qui n’est pas encore enfermé dans des normes, dans des principes de jeu. Et ça, c’est essentiel pour moi. Il y a, chez les jeunes acteurs, une disponibilité qui souvent disparaît avec l’expérience. Car certains comédiens expérimentés ont tendance à se laisser contaminer par les codes de la télévision, du boulevard, en un mot par l’argent. La fraîcheur dont je parle me semble d’autant plus importante que la pièce de Stig Larsson n’est pas une pièce réaliste. C’est une pièce qui échappe à beaucoup de choses. Il faut pouvoir l’approcher à travers toutes ses ambiguïtés.

« On ne l’attendait pas !, c’est un peu A la Recherche du temps perdu… »

Quelles sont ces ambiguïtés ?

J. L. : On pourrait dire qu’On ne l’attendait pas ! est comme un rêve. C’est peut-être le rêve d’un père de famille qui revient chez lui après une longue période d’absence. Et on ne sait pas très bien ce qu’il a fait durant toutes ces années. C’est d’ailleurs peut-être le rêve de chacun des personnages qui reconstitue un peu sa vie : le père, sa femme, sa fille, le prétendant de sa fille. Mais c’est également une pièce qui interroge les spectateurs. Car elle comporte beaucoup d’énigmes, laisse une grande part à l’imaginaire. D’une certaine façon, c’est un peu A la Recherche du temps perdu… Ce huis clos est très influencé – comme souvent les auteurs suédois – par le théâtre de Strindberg.

A partir de tout cela, quelle représentation avez-vous voulu élaborer ?

J. L. : Une représentation où tout a l’air vrai, qui échappe au démonstratif pour aller vers la sensibilité, vers l’émotion. Même si on joue la chose en apparence la plus absurde, on doit toujours arriver à croire à ce qui est en train de se passer. Car je veux faire un théâtre qui ne se déguise pas, qui est toujours profondément ce qu’il est. Un théâtre qui ne cherche pas les effets comiques, par exemple. Lorsque l’on rit, c’est parce que la situation est drôle, pas parce que les comédiens ont fait ce qu’il fallait pour amuser la galerie. 

Que pourriez-vous dire de l’écriture de Stig Larsson*, écrivain assez peu connu en France ?

J. L. : C’est un auteur qui a un grand sens du théâtre, de la dramaturgie, ainsi que de l’espace scénique. Dans On ne l’attendait pas !, il différencie, par exemple, les personnages qui se trouvent dans la lumière et ceux qui se situent à l’extérieur. Je trouve cette mise en perspective de différents plans très intéressante. Ainsi, dans ce spectacle, beaucoup de choses se joueront entre l’ombre et la lumière.

 

Entretien réalisé par Manuel Piolat Soleymat

 

* Né en 1955, dans le nord de la Suède, Stig Larsson est notamment l’auteur des pièces Bonhomme rouge, PDG, Sœurs-Frères

A propos de l'événement

On ne l’attendait pas !
du Samedi 4 juillet 2015 au Dimanche 26 juillet 2015
Présence Pasteur
13 Rue Pont Trouca, 84000 Avignon, France

Avignon Off.


à 20h. Relâche le 7 juillet. Tél. : 04 32 74 18 57.


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