La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Danse - Propos recueillis / Pierre Rigal

Mobile

Mobile - Critique sortie Danse Bourges
Crédit : Olivier Desrosières Légende : Pierre Rigal crée Mobile

Maison de la Culture de Bourges / Chorégraphie et interprétation Pierre Rigal

Publié le 22 septembre 2015 - N° 236

Nouvellement associé à la Maison de la Culture de Bourges, le chorégraphe et danseur Pierre Rigal crée son nouveau solo Mobile. Après Press, quimontrait les difficultés d’un homme à évoluer dans un lieu qui s’amenuisait progressivement, Mobile raconte comment un homme essaie de remplir l’immensité de son espace vital.

« Je cherche toujours un mot qui va m’inspirer un sujet. Puis je m’intéresse à ses significations, son étymologie. Parfois, ces définitions viennent valider une intuition. Dans Mobile, il s’agit d’un homme seul, perdu dans un désert urbain qui va désirer remplir cet espace vide, comme on comble une angoisse, et va se faire dépasser par ce remplissage. Ces objets qu’il accumule sont des images, des représentations de rêves ou de cauchemars. Car cette anxiété de la consommation exprime aussi l’inquiétude vis-à-vis de notre espace vital ou de notre planète. On peut trouver là des liens avec Press ou Erection qui véhiculaient la notion de l’habitat, de l’environnement, du contexte social qui contraint la personnalité. La scénographie est constituée d’images à l’échelle 1. Ce sont des photos détourées de voitures, de scooters ou de cabines téléphoniques. Cela crée un trouble, un effet d’optique assez amusant, c’est tout l’intérêt de ces objets en 2D. Ces images disent également beaucoup de notre monde : Veut-on posséder la chose ou son idée ? En tout cas, cet homme va commencer à considérer ces objets comme des reliques…

Totems sans tabous

Le spectacle s’appelle Mobile. Donc bien sûr, il y a cette question de l’attache au ciel comme métaphore de l’illusion des dieux. Et cette question de l’absence des dieux que notre humanité se pose de plus en plus. Nous vivons un tournant de notre histoire qui me laisse penser à un retour du culte des fétiches. Ce sont de dérisoires objets de consommation, de nouvelles idoles qui s’incarnent dans des objets et remplissent un vide spirituel. Même si je crois que la bêtise est partout, dans les choses comme dans la spiritualité. Je traite cette comparaison avec humour et distance. Je fais le lien entre la technologie et l’homme mais aussi entre l’homme et l’animal, et entre l’animal et la technologie. Au niveau chorégraphique, du coup, je m’inspire de danses traditionnelles en rapport avec le chamanisme, le fétichisme. Je lorgne du côté de l’Afrique et de l’Asie. Pour moi, c’est plutôt nouveau. »

 

Agnès Izrine

A propos de l'événement

Mobile
du Mardi 3 novembre 2015 au Vendredi 3 juin 2016

34 Rue Henri Sellier, 18000 Bourges, France

Maison de la Culture de Bourges, Scène Nationale, Du 3 au 6 novembre à 20h. Durée : environ 1h. Tél : 02 48 67 74 70 (Auditorium) ou au 06 08 31 69 80 (Office de tourisme). Également le 20 novembre au Théâtre de Châtillon, le 1er  avril à L’Onde, Théâtre Centre d’Art de Vélizy-Villacoublay, les 27 et 28 mai, et 1er, 2 et 3 juin au Théâtre Garonne à Toulouse.


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