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Danse contemporaine - Critique
Après WILDER SHORES et EMPIRE OF FLORA créés au festival Montpellier Danse, Michèle Murray, artiste associée au Centre Chorégraphique National de Tours, poursuit son travail sur la déconstruction et la mise en relation de différents langages chorégraphiques avec BURNING THE DAYS.
Un tapis de scène blanc et trois grosses sphères tout aussi immaculées qui découpent l’espace dans sa diagonale. Un premier danseur pénètre sur le plateau, vêtements de sport techniques bordeaux et chaussettes roses. L’espace d’un instant ses bras sont ceux d’un cygne avant qu’ils ne s’élèvent au-dessus de sa tête en couronne. Il dessine maintenant un rond de jambe parfait, si ce n’est qu’il se déhanche sur une jambe d’appui fléchie et que ses membres supérieurs se cassent. Puis nous le retrouvons allongé sur le flan tel un faune. Dès l’entame de BURNING THE DAYS le ton est donné. Le vocabulaire classique est chahuté par une gestuelle moderne ou contemporaine. Une nouvelle interprète puis un autre entrent en scène et leur danse précise, ciselée se déploie en trois soli qui cohabitent, en duos effectués en miroir, en trio à l’unisson dans une composition fine et changeante. Des réminiscences nous arrivent par flashs, ici les Ballets Russes, là un grand plié à la Béjart, là encore les grands ballets romantiques, et même le moonwalk de Mickael Jackson.
Une partition intense et ciselée
Tous trois passés par un apprentissage classique avant d’embrasser une carrière contemporaine, Alexandre Bachelard, Léo Gras et Élisa Rouchon sont remarquables d’adresse et d’intensité. Leur gestuelle métissée de main de maître par Michèle Murray semble émerger avec le plus grand naturel de leur mémoire corporelle, sans jamais gommer leur personnalité. Radicale, la musique sans mélodie et en crescendo de Gerome Nox comme l’intensité des regards soulignés de noir des danseurs et danseuses nous happent du premier au dernier instant. Dans sa note d’intention, Michèle Murray écrit qu’elle souhaite avec BURNING THE DAYS mener, à travers une recherche sur les notions de grâce et de romantisme, une réflexion sur la puissance expressive du corps dansant et de la chorégraphie, face à la mémoire et au temps que nous brûlons. Abolissant les hiérarchies entre les répertoires, ramenant à l’urgence de l’instant vocabulaires historique et présent, elle y réussit à merveille et nous enchante.
Delphine Baffour
Dans le cadre du festival Tours d’Horizons. Tél. 02 18 75 12 12. www.ccntours.com/saison. Durée : 50 mn
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