La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Danse - Entretien

Mathilde Monnier

Mathilde Monnier - Critique sortie Danse
Crédit : Marc Coudrais Légende : Un festival de jeunes pousses lancées par Mathilde Monnier au Théâtre de la Cité Internationale.

Publié le 10 septembre 2011 - N° 189

Carte blanche à Mathilde Monnier

Avant d’y présenter la reprise du duo Pudique Acide / Extasis, Mathilde Monnier investit le Théâtre de la Cité Internationale avec de jeunes artistes, pour la plupart issus de la formation Ex.e.r.ce qu’elle a elle-même initiée au CCN de Montpellier.

« Une génération qui traverse les médiums avec une grande inventivité »
 
La venue des artistes issus d’Ex.e.r.ce dans le Festival d’automne fait suite à celle, l’an passé, des étudiants de PARTS, école fondée par Anne Teresa de Keersmaeker. Pourquoi cette démarche ?
 
Mathilde Monnier : Pascale Henrot, directrice du Théâtre de la Cité Internationale, m’a proposé une carte blanche. Tout naturellement je me suis dit qu’il fallait commencer cette programmation par la venue de jeunes artistes qui ont traversé Ex.e.r.ce ou que j’ai pu croiser ici ou là. La programmation ressemble à une constellation d’artistes qui ont déjà un parcours. Les réunir ici revient à dire : oui, il est nécessaire d’accompagner et de soutenir de nouvelles productions, de prendre un risque, de montrer des artistes qui ont des parcours très hétéroclites et qui ne sont pas formatés par une école. Il y aura aussi trois créations issues de l’université de Giessen et deux de PARTS. Cette démarche doit témoigner de la mobilité des artistes en Europe et aussi de leur volonté de ne pas être classifiés ou identifiés à un courant.
 
Comment s’affirme, dans Ex.e.r.ce, l’idée même d’« artiste chorégraphique » ?
 
M. M. : La dénomination « artiste chorégraphique » est au centre de nos préoccupations. Cela signifie que le métier et les études sont ouverts sur un spectre large, qui évolue sans cesse. Il existe à l’issue d’Ex.e.r.ce des parcours divers et croisés : des danseurs interprètes qui effectuent aussi leurs propre travail, ainsi que des critiques, des philosophes danseurs, des plasticiens chorégraphes, des musiciens danseurs, des performeurs penseurs et des chorégraphes… Ce que je peux observer aujourd’hui, c’est la porosité des disciplines et aussi la façon très particulière dont cette génération traverse les médiums, avec une certaine prouesse et une grande inventivité.
 
Que retenez-vous du travail personnel des jeunes chorégraphes programmés au TCI ?
 
M. M. : Je voudrais pouvoir parler de chaque projet car tous les projets me semblent pertinents. Aude Lachaise, dans un exercice virtuose de déplacement de son identité,  emprunte à une grande figure masculine du cinéma, Marlon Brando ; David Wampach présente Cassette, version compressée et alternative de Casse-Noisette ; Gérald Kurdian et Mathieu Grenier sont à la frontière de la performance musicale et de la danse ; Nadia Beugré, artiste ivoirienne, traite de la puissance de la femme dans un solo éblouissant ; le new yorkais Bryan Campbell utilise certaines métaphores de la série américaine de dessin animée Mon petit Poney pour mieux analyser la société ; Bouchra Ouizguen, artiste marocaine déjà reconnue, vient avec un solo en collaboration avec Alain Buffard ; Alexander Giesche et Léa Letzel ont créé une pièce primée en Allemagne en renversant les notions du réel et de l’architecture de la scène ; Olivier Normand propose un solo attendu fondé sur sa fascination pour le romantisme. A voir aussi le travail pertinent de Noé Soulier et un duo éclatant de Pieter Ampe et Guilherme Garrido…
 
Que signifie aujourd’hui l’inscription de la formation dans un véritable cursus universitaire, validée par un diplôme reconnu par l’Etat ?
 
M. M. : La validation d’Ex.e.r.ce dans un master professionnel est une étape très importante pour la formation de la danse en France. Le choix du ministère de la culture de créer deux masters en études chorégraphiques (avec Essais au CNDC d’Angers) permet aux futurs étudiants une plus grande reconnaissance de leur formation. La nouveauté est la possibilité pour l’étudiant de valider son master à travers un projet de création, ce qui renforce la volonté de davantage reconnaître la valeur artistique au sein d’un diplôme universitaire.
 
Propos recueillis par Nathalie Yokel


Ex.e.r.ce et encore, propositions de jeunes chorégraphes, le 30 septembre à 18h30, le 1er octobre à 17h, et le 2 octobre à 16h. Pudique Acide / Extasis de Mathilde Monnier et Jean-François Duroure, du 10 au 29 octobre à 20h30, le jeudi à 19h30, relâche mercredi et dimanche. Au Théâtre de la Cité Internationale dans le cadre du Festival d’Automne, 21 boulevard Jourdan, 75014 Paris. Tel : 0143 13 50 50.

A propos de l'événement



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