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Avignon - Entretien

Lost in Ballets Russes et IDA don’t cry me love de Lara Barsacq

Lost in Ballets Russes et IDA don’t cry me love de Lara Barsacq - Critique sortie Avignon / 2021 Avignon Avignon Off. Théâtre des Doms
IDA don’t cry me love de Lara Barsacq © Stanislav Dobak

Entretien Lara Barsacq
Théâtre des Doms / Chor. Lara Barsacq

Publié le 25 juin 2021 - N° 290

Lara Barsacq nous convie avec son diptyque composé de Lost in Ballets Russes et IDA don’t cry me love à une plongée intime dans l’histoire de la danse.

Les Ballets Russes ont inspiré nombre de chorégraphes mais vous avez la particularité d’être liée à eux de façon intime, par votre famille.

Lara Barsacq : Léon Bakst était en effet l’oncle de ma grand-mère. Enfant, je le raconte dans Lost in Ballets Russes, j’avais un poster d’Ida Rubinstein qu’il avait dessiné et c’est ce qui m’a donné envie de danser. Ses œuvres sont tellement expressives et chorégraphiques que, bien plus tard, j’ai voulu aller voir de plus près. C’était au départ un travail personnel mais en me rendant dans les archives, je me suis rendu compte de la richesse de la matière qui m’était proposée. Ça a été une révélation ! Puis cela a engendré une envie de savoir qui était vraiment Ida Rubinstein et aujourd’hui, pour ma prochaine pièce, je travaille sur Bronislava Nijinska.

« J’aime le documentaire et la fiction et j’aime pouvoir traiter les deux ».

Pouvez-vous nous parler d’Ida Rubinstein ?

L.B. : Elle était la muse de Léon Bakst et j’ai entendu son nom à de multiples reprises. Mais j’ai réalisé en fouillant dans les archives qu’elle était en grande partie oubliée. C’était une femme incroyable, très émancipée ! Elle a perdu ses deux parents alors qu’elle était enfant, était bisexuelle, s’est dénudée dans Salomé, la pièce d’Oscar Wilde, en 1909. Elle a dansé Cléopâtre et Shéhérazade pour les Ballets Russes mais en est très vite partie. Elle a fait ensuite de multiples commandes à des artistes, dont le Boléro que Maurice Ravel a créé pour elle. Elle était proche de Bronislava Nijinska, de Michel Fokine, de Sarah Bernhardt. Elle voulait faire des spectacles hybrides qui mêlaient le chant, la danse et le théâtre et j’ai l’impression de m’inscrire dans cette lignée.

Comment traitez-vous des archives dans vos pièces ?

L.B. : J’aime le documentaire et la fiction et j’aime pouvoir traiter les deux. Je me réfère à l’histoire mais je m’en émancipe aussi. Il y avait très peu de films à cette période, ce qui laisse une énorme place à l’imaginaire. Un tableau peut me donner envie de danser d’une certaine manière et je me permets de le faire, je ne fais pas un travail de retranscription. Si je suis seule dans Lost in Ballets Russes, nous sommes trois dans IDA, et je demande aux interprètes de se dévoiler. Nous parlons d’Ida Rubinstein, nous évoquons Cléopâtre ou Shéhérazade, mais nous parlons aussi de nous, nous sommes en sororité. Cela crée un hymne au corps féminin libre et émancipé, qui ose prendre sa place sur le plateau.

 

Propos recueillis par Delphine Baffour

A propos de l'événement

Lost in Ballets Russes
du samedi 10 juillet 2021 au mercredi 14 juillet 2021
Avignon Off. Théâtre des Doms
1 bis rue des Escaliers Ste Anne

À l’Atelier (en face des Doms),  à 14h30.


IDA don’t cry me love : Aux Hivernales – CDCN d’Avignon, du 10 au 20 juillet à 11h. Relâche le 15 juillet.


Tél. 04 90 14 07 99.


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