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Théâtre - Critique

Le Théâtre national de Strasbourg présente Eugène Onéguine à Paris

Le Théâtre national de Strasbourg présente Eugène Onéguine à Paris - Critique sortie Théâtre Paris Maison de la Poésie
Crédit Photo : Benoit Linder. Légende : Cinq des treize élèves-comédiens du groupe 40 de l’école du Théâtre national de Strasbourg.

Maison de la Poésie / d’Alexandre Pouchkine / direction Jean-Yves Ruf

Publié le 29 octobre 2012 - N° 203

Après Avignon, Strasbourg, Moscou, les élèves-comédiens du groupe 40 de l’école du Théâtre national de Strasbourg présentent leur Eugène Onéguine à Paris. Un atelier-spectacle (dirigé par Jean-Yves Ruf) qui avance comme une rivière au cours vif et langoureux.

Ils sont treize. Treize élèves-comédiens du groupe 40 de l’Ecole supérieure d’art dramatique du Théâtre national de Strasbourg à se laisser transporter et investir par les vers de Pouchkine. Avec eux, c’est le monumental Eugène Onéguine, dans la belle traduction d’André Markowicz qui se déploie devant nous, qui prends corps à travers toute sa force, ses innombrables nuances, toute l’ampleur de ses digressions et sinuosités poétiques. A quelques mois de quitter l’école dans laquelle ils auront passé trois ans*, les jeunes interprètes dirigés par Jean-Yves Ruf offrent déjà les perspectives de personnalités artistiques résolues et singulières. Assis face au public, dans un décor créé par Hélène Jourdan (élève-scénographe qui signe également les costumes ; les lumières sont de Thomas Laigle, élève-régisseur), les acteurs du groupe 40 se lèvent tour à tour, et à plusieurs reprises, pour prendre le relais d’une parole qui circule avec joie et liberté. Une parole qui nous plonge dans l’existence à la fois oisive et mouvementée d’Eugène Onéguine.

Un joli voyage à travers la Russie

« L’adresse est simple, directe, il s’agit pour le comédien d’être plus dans l’art du récit, voire parfois du conte, que de jouer un personnage », explique Jean-Yves Ruf. Cette façon de pénétrer comme de plain-pied dans cet univers poétique est l’occasion d’un joli voyage à travers les paysages et l’âme russe. Un voyage au long cours qui avance à la faveur de treize présences, de treize textures oratoires particulières. Chaque interprète possède en effet son propre ton, sa propre présence, ses propres zones de fragilité qui peuvent parfois faire son charme. Chacun semble être lié à l’œuvre de Pouchkine par un rapport intime et spécifique. Et si l’entrée dans ce parcours de vie fait d’atermoiements et de rendez-vous manqués nécessite un certain temps d’adaptation, l’opacité du début de représentation se dissipe rapidement pour laisser la place à un véritable plaisir de spectateur. Car la fraîcheur et l’entrain de ces jeunes gens font peu à peu merveille. Et après trois heures de spectacles entrecoupées de deux entractes, une fois le dernier vers prononcé, on se dit même que l’on serait bien resté encore un peu là, en compagnie de Pouchkine et de ces élèves déjà pleinement comédiens.

Manuel Piolat Soleymat

A propos de l'événement

EUGENE ONEGUINE
du Jeudi 8 novembre 2012 au Lundi 12 novembre 2012
Maison de la Poésie
157, rue Saint-Martin, 75003 Paris
Maison de la Poésie, passage Molière, 157, rue Saint-Martin, 75003 Paris. Les 8, 9, 10 et 12 novembre 2012 à 20h. Durée : 3h avec entractes. Spectacle vu le 4 octobre 2012 au Théâtre national de Strasbourg. Entrée libre sur réservation. Tél. : 01 44 54 53 00. www.maisondelapoesieparis.com. Texte publié chez Actes Sud, collection Babel.
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