La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Danse - Propos recueillis

Le Sous-Sol, nouvelle création très attendue du collectif Peeping Tom, est le dernier volet d’un triptyque initié par Le Jardin. Franck Chartier, à l’origine du collectif avec Gabriela Carrizzo, revient pour nous sur ce nouveau spectacle.

<p>Le Sous-Sol</i>, nouvelle création très attendue du collectif Peeping Tom,
est le dernier volet d’un triptyque initié par <i>Le Jardin</i>. Franck
Chartier, à l’origine du collectif avec Gabriela Carrizzo, revient pour nous sur
ce nouveau spectacle.</p> - Critique sortie Danse

Publié le 10 mai 2007

Le Sous-sol dans le triptyque

Le Jardin montrait des personnages qui avaient la quarantaine, le
Salon
traitait de la vieillesse, et le Sous-sol s’intéresse
maintenant à la mort. Nous sommes partis d’une nouvelle de Dostoïevski, Bobok,
dans laquelle le personnage principal entend les morts parler dans un cimetière.
Ce vieil homme que l’on quittait dans le Salon, on le retrouve
aujourd’hui d’une autre manière : c’est comme s’il s’endormait au pied d’un
arbre et qu’il rêvait. De ce rêve, nous avons développé un monde très étrange, à
l’inverse du Jardin et du Salon où les choses étaient plus
réalistes. L’idée du salon est d’ailleurs reprise dans le décor mais par le
prisme d’une mémoire un peu distordue comme elle le serait dans la mort. On le
revoit différemment, enterré par soixante centimètres de terre. De même pour la
musique, on travaille comme dans les pièces précédentes avec des compositions
d’Alfred Schnitke, et des morceaux pop. Mais là aussi, c’est comme si l’on ne
s’en souvenait plus très bien : l’instrumentation est classique, les violons un
peu dissonants, ce qui donne une ambiance un peu particulière à la pièce.

La gestuelle

Nous avons travaillé sur l’affectif et le toucher corporel : renouer, dans la
mort, avec ce contact physique que l’on perd avec nos vies d’adultes’ Ce
sous-sol est une sorte de négatif par rapport à la vie. Dans ce monde-là, on est
constamment collés, par une joue, par un bisou, par le sexe, par un coude? La
gestuelle reste acrobatique, difficile techniquement, portée par une grande
dynamique.

Les personnages

La pièce traverse la vision de cet homme qui retrouve sa mère dans la mort.
Elle est interprétée par Maria, une danseuse butô incroyable de 80 ans que l’on
avait rencontrée lors des représentations du Salon à Tarbes. Nous avons
aussi quatre figurants âgés sur scène. On retrouve aussi dans le Sous-sol,
mais d’une autre façon, le duo du bisou qui existait dans le Jardin et le
Salon. C’est une histoire d’amour qui continue par delà les âges et
jusque dans la mort. La mezzo soprano, qui était humiliée par son mari dans le
Salon, prend sa revanche à travers une certaine autorité qu’elle exerce
sur les autres. Il s’agit de choses que l’on a vécues dans la vie, qui peuvent
être dures, mais dont on rigole toujours puisque l’on n?a plus de sentiment,
plus de peur, dans cet étrange milieu qu’est la mort.

Propos recueillis par Nathalie Yokel

Le Sous-sol de Peeping Tom, du 30 mai au 3 juin au Théâtre des Abbesses,
31, rue des Abbesses, 75018 Paris. Tel : 01 42 74 22 77.

A propos de l'événement


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