La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Danse - Entretien / Jordi Gali

La Traversée du Pacifique à la Briqueterie # 2

La Traversée du Pacifique à la Briqueterie # 2 - Critique sortie Danse Vitry-sur-Seine La Briqueterie
Crédit spectacle : Jean Pellaprat Légende : Des danseurs au travail de la structure architecturale étonnante de Maibaum.

Publié le 22 septembre 2015 - N° 236

Avec Ciel et Maibaum, voici une belle traversée dans l’œuvre de Jordi Gali, danseur incroyable et architecte audacieux.

Quel est votre parcours ?

Jordi Gali : Je suis né à Barcelone, et après ma formation en Espagne je suis parti travailler avec Wim Vandekeybus, Anne Teresa de Keersmaeker, Lise Pauwels… avant d’intégrer le CCN de Maguy Marin. Parallèlement, j’ai présenté des petites pièces que j’appelais des Etudes, qui m’ont mené en 2008 à T, un solo, conclusion de toute une recherche menée à la fin de ma période belge, où j’explorais ma relation à l’objet en sortant de cette boucle avec lui-même dans laquelle le danseur se trouve. Mon deuxième solo, Ciel, est créé ensuite pour être présenté en dehors des théâtres. Il s’agit d’une construction de troncs qui finissent par prendre 10 ou 11 mètres de hauteur, avec 200 mètres de cordes. C’est très complexe, avec une ingénierie particulière. Le spectateur arrive, on commence à plat, on présente les outils et on active les éléments presque comme sur une table d’opération. Il y a une écriture, une logique décomposée, étudiée, qui génère un flux d’action. Le processus tend vers quelque chose, que l’on comprend seulement à la fin.

« L’endroit du travail, c’est la gestion du geste dans une durée et dans un ensemble. »

Votre nouvelle création s’appelle Maibaum, l’arbre de mai…

J. G. : C’est une démarche qui a demandé trois ans de travail. J’avais envie d’aller plus loin dans le partage, avec une équipe de cinq personnes, et plus loin dans la structure et la dimension architecturale. Nous avons fait beaucoup de tentatives, d’erreurs, car nous sommes nous-mêmes les concepteurs et manipulateurs. La pièce est une proposition pour l’extérieur qui dure trois heures. Il s’agit d’un déploiement de 7 à 8000 mètres de cordes qui permet au spectateur de rentrer dans la structure et d’y flâner. C’est un processus qui offre une expérience de l’espace, et qui devient architecture. A l’inverse des précédentes pièces, il s’agit d’une exploration de la courbe et du rond, d’une structure plus harmonieuse, dans l’idée de l’architecture comme lieu d’accueil, comme une matrice. Le rapport au temps est très important, et on le sculpte aussi.

Votre rapport au corps est-il véritablement chorégraphique ?

J. G. : C’est une équipe de danseurs, et c’est sur des outils de danseurs que je m’appuie en tant qu’auteur. L’endroit du travail, c’est la gestion du geste dans une durée et dans un ensemble. On donne à voir des actions : tirer, porter, descendre, qui ont à voir avec la manutention. Elles sont nettoyées, écrites, et nous avons une trame de 50 pages rédigées. La trame est chorégraphique, mais le rendu a l’air quotidien.

 

Propos recueillis par Nathalie Yokel

A propos de l'événement

La Traversée du Pacifique à la Briqueterie # 2
du Samedi 24 octobre 2015 au Dimanche 25 octobre 2015
La Briqueterie
17 Rue Robert Degert, 94400 Vitry-sur-Seine, France

Ciel, le 24 octobre à 19h. Maibaum, le 25 octobre de 11h à 14h. Tél. : 01 46 86 17 61.


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