La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Théâtre - Critique

La Flèche et le moineau

La Flèche et le moineau - Critique sortie Théâtre
Crédit photo : Eric Legrand Légende photo : « Un spectacle qui passe à côté de la grandeur de Witold Gombrowicz. »

Publié le 10 mars 2009

Se passionnant depuis des années pour l’écriture de Witold Gombrowicz, Didier Galas a conçu une représentation s’appuyant sur des extraits de l’œuvre de l’écrivain polonais. Une représentation en mal d’inspiration.

Un rendez-vous avec Witold Gombrowicz ne se refuse pas. A fortiori quelques mois avant la commémoration des quarante ans de sa disparition, le 24 juillet prochain. Cette invitation en terres gombrowicziennes, c’est Didier Galas qui la formule en créant La Flèche et le moineau, une représentation librement adaptée d’extraits de Cosmos et du Journal (le metteur en scène avait présenté 3 Cailloux, dans le cadre des Sujets à vif lors du dernier Festival d’Avignon, spectacle revisitant également l’œuvre de l’écrivain polonais). Pour cette nouvelle création, Didier Galas (qui fait lui-même partie de la distribution) a réuni comédiens et danseurs (Simon Bellouard, Edith Christoph, Jean-François Guillon, Fany Mary, Laurent Poitrenaux, Sylvain Prunenec) en vue de nous « faire sortir des rails », de nous « extraire du système dans lequel [nous sommes] en train d’évoluer ». Ceci en voulant nous montrer « les courts-circuits menaçants de toutes [les] réalités interdites », en « tirant au grand jour un cosmos en passe de [nous] compromettre ». Malheureusement, toutes ces intentions théoriques tombent à plat.

Un rendez-vous manqué

Car cette suite de mises en jeu textuelles et chorégraphiques n’est ni plus ni moins qu’un rendez-vous manqué. Un rendez-vous manqué non seulement avec Witold Gombrowicz, mais aussi avec une représentation qui, en dépit de ses difficultés à rendre compte de l’humour, de la grandeur, de la finesse de pensée et d’écriture de l’un des écrivains les plus exaltants du siècle dernier, aurait pu être l’occasion de quelques surgissements scéniques, de quelques perspectives théâtrales menant à une forme de pénétration, une forme de justesse. Mais rien de tout cela. La mise en scène de Didier Galas manque, de bout en bout, de pertinence. Et c’est sans doute là que réside le principal achoppement de cette proposition artistique. Car, une fois la déconvenue passée, on peut toujours admettre qu’un collage de textes ne parvienne pas à transmettre toute l’acuité d’une œuvre, peine à guider le public au plus profond d’un univers littéraire. Mais assister à un spectacle qui se laisse aller, dans sa conception même, à autant de platitude et de maladresse se révèle, il faut bien l’admettre, une expérience difficile. Car l’ennui naît, implacable, tenace, se changeant à l’occasion en gêne. La gêne de devoir faire face à certains interprètes dont le jeu donne parfois une étonnante impression d’amateurisme.
 
Manuel Piolat Soleymat


La Flèche et le moineau, adaptation libre à partir de l’œuvre de Witold Gombrowicz ; conception de Didier Galas ; collaboration artistique et conception visuelle de Jean-François Guillon. Du 4 au 7 mars 2009 à 20h30, le 8 mars à 17h00. Centre Pompidou, place Georges Pompidou, 75004 Paris. Renseignements au 01 44 78 12 33. Réservations sur www.centrepompidou.fr . Spectacle vu le 11 février 2009 au Théâtre de l’Agora, scène nationale d’Evry et de l’Essonne.

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