La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Théâtre - Entretien

La condition de l’artiste

La condition de l’artiste - Critique sortie Théâtre Colmar _Comédie de l’Est

Comédie de l’Est / Torquato Tasso / de Goethe / mes de Guillaume Delaveau

Guillaume Delaveau interroge les relations entre l’artiste et le pouvoir à traversTorquato Tasso, de Goethe. Un autoportrait de l’écrivain allemand à travers la figure du poète italien de la Renaissance.

« Comment servir un prince et ne pas renier la dimension contestataire de son œuvre ? »

Quel portrait du Tasse Goethe brosse-t-il ?

Guillaume Delaveau : A travers la figure du poète italien, c’est son propre portrait que Goethe réalise. Il se met lui-même en scène en profitant des correspondances qui le rapprochent de la vie du Tasse à la cour de Ferrare. Car, tout comme le poète de la Renaissance, Goethe a entretenu des rapports parfois difficiles avec le pouvoir qui le finançait.

Les relations entre le monde de l’art et celui du pouvoir se situent donc au cœur de la pièce.

G. D. : Oui, à côté de problématiques plus intimes, qui renvoient à la gestion des passions et des affects au sein d’un environnement qui tend à les contenir, à les dissimuler. Goethe a survécu aux tempêtes du romantisme, ce qui n’est pas le cas de tous ses contemporains. Le Tasse, lui, a sombré dans de grands troubles psychiques. Parallèlement à cette thématique de la folie, Torquato Tasso s’organise autour d’une interrogation centrale : comment servir un prince et ne pas renier sa liberté, ne pas renier la dimension contestataire de son œuvre ?

Quelle place conférez-vous au contemporain dans votre mise en scène ?

G. D. : Il est question pour nous de faire entendre cette œuvre pour les spectateurs d’aujourd’hui. Nous mettons donc de côté toute l’iconographie du XVIème siècle pour nous éloigner d’un tableau historique. Le plateau rend compte de corps d’aujourd’hui afin que puisse s’instaurer une relation très immédiate avec l’œuvre, sachant que Torquato Tasso a finalement davantage à voir avec le XVIIIème siècle, l’époque de Goethe, qu’avec le XVIème siècle.

Quel aspect cet esprit courtisan prend-il, selon vous, aujourd’hui ?

G. D. : La question des rapports entre les artistes et le pouvoir ne se pose pas de façon fondamentalement différente à travers les siècles. Aujourd’hui comme par le passé, un artiste courtisan est un artiste qui oublie la sincérité de son geste pour entretenir de bonnes relations avec le pouvoir. Mais, si ce spectacle pose des questions, il ne se positionne jamais en dehors ou au-dessus de cette problématique. J’ai parfaitement conscience de me situer, moi-même, au cœur de la question des dérèglements et de la possible faillite des artistes.

Propos recueillis par Manuel Piolat Soleymat

A propos de l'événement

La condition de l’artiste
du Mardi 29 janvier 2013 au Vendredi 8 février 2013
_Comédie de l’Est
CDN Alsace, 6 route d’Ingersheim, 68027 Colmar
Du 29 janvier au 8 février 2013. Tél : 03 89 24 31 78.
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