La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Avignon - Entretien Laurent Vacher

La Cité est-elle radieuse ?

La Cité est-elle radieuse ? - Critique sortie Avignon / 2013 Avignon La Manufacture
© Christophe Raynaud de Lage

LA Manufacture / Bien lotis / de Philippe Malone / mes Laurent Vacher

Publié le 26 juin 2013 - N° 211

Fidèle à leur désir de s’implanter concrètement dans la vie d’un territoire, le metteur en scène Laurent Vacher et l’auteur Philippe Malone présentent la comédie sociale Bien lotis, imaginée à partir de multiples récits de vie, et revisitant cinquante ans d’épopée péri-urbaine. 

 “La pièce voyage entre un rêve collectif, qui a été abandonné, et un rêve plus individuel.”

Qu’est-ce qui vous a motivé dans ce projet ?

Laurent Vacher : En résidence sur le territoire du Pays de  Briey depuis 2010, nous avons mené un travail sur la thématique des utopies urbaines. Or à Briey se trouve une Cité radieuse, construite entre 1959 et 1961,  l’une des cinq que Le Corbusier a conçues. Par sa manière de penser l’urbanisme et la vie sociale, Le Corbusier m’intéresse beaucoup. Après la seconde guerre mondiale, le maire de Briey avait demandé à Le Corbusier de construire des logements diffèrents des cités ouvrières d’avant-guerre. Mais cette Cité, échouée dans les bois comme un grand vaisseau, n’a jamais été radieuse car les jeux politiques locaux ont empêché l’installation de commerces, d’une école et d’un complexe culturel qui devaient la faire vivre. La Cité a failli être détruite, et pour la sauver, le Maire a rendu les unités d’habitation au privatif à la fin des années 80. Elle est aujourd’hui remplie d’habitants.

Comment avez-vous procédé pour appréhender la réalité de cette Cité radieuse ?

L. V. : Nous sommes partis de l’histoire des gens dans l’immeuble. Nous avons réalisé des interviews des premiers habitants de la Cité radieuse, et des habitants actuels, afin de  comparer les discours et les époques. Nous avons aussi interviewé des gens qui habitent en pavillon ou en lotissement. Ces grands appartements représentaient un progrès considérable par rapport à l’habitat d’un ouvrier : chauffage central, eau froide, eau chaude, salle de bain avec baignoire… Le texte met en lumière un couple qui s’installe dans la Cité en 1961. La pièce voyage entre un rêve collectif, qui a été abandonné, et un rêve plus individuel, et les saynètes reflètent les espoirs et les regrets, les heurts et les crises, les utopies et les nostalgies.

Quelle mise en scène avez-vous imaginée ?

L. V. : Dans le cadre d’un jeu télévisé, un journaliste interroge le couple, et quelques voisins interviennent aussi. Entre quizz, commentaires et flashback, la grande épopée péri-urbaine se dessine. Avec Philippe Malone, nous avons construit le texte étape par étape, à l’épreuve du plateau, sur un ton léger, souvent drôle et très vivant, et surtout pas didactique. Les personnages évoquent ceux des films néo-réalistes italiens, à la fois gracieux et délicieusement poétiques et fortement ancrés dans le concret et les difficultés de la vie.

Propos recueillis par Agnès Santi

A propos de l'événement

Bien lotis
du Lundi 8 juillet 2013 au Samedi 27 juillet 2013
La Manufacture
2 rue des Ecoles 84000 Avignon
Avignon Off. La Manufacture, 2 rue des Ecoles. Du 8 au 27 juillet à 12h45, relâche le 17. Tél. : 04 90 85 12 71.
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