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Kilda

Kilda - Critique sortie Classique / Opéra

Les falaises de Kilda, l’« Ile des hommes-oiseaux »

Publié le 10 juin 2007

Création européenne d’un opéra alternatif consacré à une civilisation méconnue.

Située au cœur de l’archipel écossais des Hébrides, Kilda est surnommée l’« Ile des hommes-oiseaux ». C’est sur ce bout de terre battu par les vents qu’a récemment disparu une civilisation aussi méconnue qu’intrigante. Les habitants de Kilda avaient pour particularité de ne parler qu’en chœur et de ne pas connaître le déterminant « je ». Après sa colonisation par les Britanniques, le peuple a dégénéré, avant de s’éteindre définitivement en 1930. Directeur du Phénix de Valenciennes, Lew Bogdan a souhaité construire un spectacle autour de ce drame : « Il fallait créer à partir de cette histoire un nouveau concept artistique ». Pas question donc de livrer une simple pièce de théâtre sur le sujet. Pour la première fois, un spectacle se déroulera en simultanéité absolue à travers différentes salles d’Europe, de Düsseldorf à Mons, en passant par l’Autriche et, bien sûr, l’Ecosse. « L’emploi d’un procédé de transmission satellitaire constitue un véritable défi technologique. Pendant les représentations, nous serons ainsi en direct de l’Ile de Kilda. L’idée est d’inventer une nouvelle poétique de la mémoire », poursuit Lew Bogdan.

Des compositeurs audacieux

Mêlant voix, vidéo et instrumentistes, ce spectacle forme un opéra d’un nouveau genre. Le texte est judicieusement confié à un auteur écossais, originaire des Hébrides, Ian Finlay Macleod. Kilda sera par ailleurs présenté dans chaque salle avec une mise en scène différente. Au Phénix, elle est signée Tatiana Stepantchenko. La configuration scénographique originale utilisera pleinement la profondeur des deux plateaux (cinquante mètres !). Musicalement, la partition s’annonce excitante, car elle a été commandée à deux compositeurs audacieux, l’Anglais David Graham, disciple de Hans Werner Henze, et le Belge Jean-Paul Dessy, directeur de l’ensemble Musiques Nouvelles. Pour Lew Bogdan, « cet opéra doit constamment faire l’aller-retour entre une culture archaïque et une dramaturgie contemporaine ». C’est peut-être la meilleure façon de dépeindre les résonances actuelles de cette tragédie, métaphore douloureuse de la fragilité des peuples.

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