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La musique Baroque en France

Les petites chapelles du violon baroque

Les petites chapelles du violon baroque - Critique sortie
Légende : Pour la violoniste Hélène Schmitt, « le plus beau est dans l’authenticité ».

Publié le 10 juillet 2008

Les petites chapelles du violon baroque

S’il revendique désormais avec succès sa singularité à côté de son cousin moderne, le violon baroque reste un objet controversé.

« Il y a trente ans, je passais pour un fou ! » se souvient le violoniste Gilbert Bezzina. À l’aube de la révolution baroque, le musicien niçois et nombre de ses collègues devaient en effet subir inlassablement les railleries de leurs camarades « modernes ». Aujourd’hui, la guerre entre les uns et les autres est terminée. Mais le violon baroque reste, dans la sphère de la musique ancienne, un objet de discussion, voire de controverse. Il suffit, pour le percevoir, d’observer, dans un orchestre sur instruments anciens, la diversité des postures des violonistes. Ainsi certains jouent l’instrument très loin du cou, une position « authentique » qui oblige à des démanchés périlleux, alors que d’autres ont intégré certains apports modernes comme la mentonnière et le coussin. « Au pupitre se côtoient des techniques très différentes, constate Julien Chauvin, violon solo du Cercle de l’harmonie. On a décidé un jour de ce qu’était la "position baroque" mais chacun peut voir midi à sa porte, affirme-t-il avant de concéder qu’il existe une base que tout le monde admet : cordes en boyau, archet et chevalet baroques, touche courte ». En dehors de ces quelques éléments qui font consensus, de nombreuses questions ne sont pas tranchées. « On ne peut pas établir de règle définie, concède la violoniste Hélène Schmitt, qui a notamment signé chez « Alpha » une intégrale des Sonates et Partitas de Bach. J’essaye de faire comme à l’époque. Pour moi, le plus beau est dans l’authenticité ». Julien Chauvin rappelle quant à lui avec résolution que « l’instrument reste un outil : c’est ce qu’on ressent et ce qu’on entend qui prime. J’attends d’un musicien qu’il me fasse découvrir sa vision musicale : une exécution purement théorique et didactique ne m’intéresse pas ». En espérant que personne ne passe plus pour un fou…
 
A. Helmbacher

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