La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

La musique Baroque en France

Les musiciens font le spectacle

La facture historique des instruments à vent, de la recherche à la sculpture

Dans l’atelier d’Henri Gohin se construisent flûtes à bec, hautbois et bassons de l’époque renaissance et baroque.

Publié le 10 juillet 2008

Les musiciens font le spectacle

Venus tous deux de la guitare classique, Christina Pluhar et Vincent Dumestre, devenus poètes virtuoses des cordes pincées baroques, font de chaque concert un spectacle renouvelé.

Lorsqu’ils fondent leurs ensembles respectifs, Le Poème harmonique en 1997 et L’Arpeggiata en 2000, Vincent Dumestre et Christina Pluhar bénéficient des progrès accomplis par la lutherie parallèlement à l’essor du mouvement baroque. C’est important car, comme le souligne Christina Pluhar, «jouer des instruments d’époque est quasiment impossible dans le cas des luths ou des harpes. Contrairement aux violonistes ou aux violoncellistes, tous les instrumentistes jouent sur des copies ». Le travail de la musicienne est d’abord une recherche sonore : « En fondant L’Arpeggiata en 2000, j’ai voulu utiliser toutes les couleurs des cordes pincées, retrouver l’art et la manière de combiner ces instruments. Je suis fascinée par le langage harmonique du XVIIème siècle, par la grande liberté que laisse ce répertoire quant au choix des couleurs, de l’ornementation. L’improvisation est une chose assez nouvelle pour les musiciens baroques. La génération précédente a beaucoup aidé à faire découvrir les traités et tout simplement à jouer sur instruments anciens. Il nous reste à apprendre la communication sur scène, ce qui peut rendre chaque concert différent. Presque tous nos programmes proposent un élément de danse, une mise en espace et nous confrontent à d’autres traditions musicales. L’essence de l’improvisation reste la même quelle que soit l’époque. »
 
La fantaisie plutôt qu’une authenticité figée
 
Vincent Dumestre s’est lui aussi éloigné du modèle immuable du concert pour s’orienter vers le spectacle baroque. « Plutôt que l’authenticité, nous recherchons une humilité devant le travail accompli il y a plusieurs siècles. Cela suppose un énorme travail de recherche, avec un grand respect des sources. Le « Carnaval baroque » [créé en 2005] se situe à la croisée de plusieurs disciplines et se nourrit de nos pratiques de ces musiques populaires improvisées, du mime et de la danse baroque, de la commedia dell’arte. Dès lors, jeu stylisé, décalé, et surtout rapport entre le geste et la musique sont les principes théâtraux qui guident notre chemin.  Il ne s’agit pas de remonter une production qui a existé, mais de créer un spectacle, ce qui nous laisse une grande latitude de fantaisie. Le carnaval, à cette époque, était un moment de vie où se rapprochaient deux mondes sociaux a priori opposés : la noblesse et le peuple. Ainsi, musiques de cour et influences populaires se confondent, se reflètent. C’est ce qu’on a voulu rendre sur scène, en essayant de retrouver l’énergie de ces fêtes. »

J.-G. Lebrun

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