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La musique Baroque en France

Les abbayes, hôtes fidèles de la musique ancienne

Les abbayes, hôtes fidèles de la musique ancienne - Critique sortie
Légende : L’Abbaye aux dames de Saintes, un lieu pionnier pour la redécouverte de la musique ancienne. Photo : Michel Chassat.

Publié le 10 juillet 2008

Les abbayes, hôtes fidèles de la musique ancienne

Partenaires actives de la révolution baroque dans les années 1980, plusieurs abbayes ont durablement tissé des liens avec la musique sur instruments d’époque.

De la musique ancienne dans un monument ancien – quoi de plus naturel ‘ Depuis bientôt trente ans, cette équation fonctionne à merveille dans les lieux de diffusion hors normes que sont les abbayes de Saintes, de Royaumont ou d’Ambronay. Et même si ces joyaux architecturaux ont tous été bâtis quelques siècles avant la période de l’effervescence musicale baroque, Alain Brunet, directeur du Centre culturel d’Ambronay, reconnaît que « la musique ancienne trouve peut-être mieux sa place dans un monument ancien ». « Il y a un aspect acoustique, précise Francis Maréchal, directeur du Centre culturel de Royaumont. Les abbayes sont des écrins qui ont su faire briller ce répertoire ». Cette relation privilégiée entre musique et architecture remonte aux premiers balbutiements de la « révolution baroque ». Lorsque les Christie, Malgoire, Leonhardt ou Harnoncourt devaient parfois batailler pour légitimer une approche artistique renouvelée, « ils ont eu besoin de lieux de diffusion non-conventionnels » analyse Francis Maréchal. Ainsi René Jacobs se produisait-il dès 1981 à Royaumont.
 
Musiques traditionnelles
 
Et l’idylle dure toujours, comme en témoignent les formations pour jeunes musiciens baroques proposées par ces trois abbayes : « elles permettent aux artistes qui sortent des conservatoires de se mettre en situation professionnelle », se réjouit Odile Pradem-Faure, directrice du Centre culturel de l’abbaye aux Dames, à Saintes. Cependant, les programmateurs ne s’endorment pas sur leurs lauriers : « Le public a changé. Cela devient difficile de faire découvrir de nouveaux répertoires : avec Haendel nous remplissons les salles, mais beaucoup moins  avec des compositeurs méconnus », admet Alain Brunet. Ainsi, les horizons de la musique ancienne s’élargissent : à Ambronay, les musiques traditionnelles sont apparus au programme. À Royaumont, l’instrument ancien est aussi abordé comme une source d’inspiration pour les compositeurs contemporains. Et à Saintes, c’est le répertoire classique et romantique qui, toujours sur instruments d’époque, concentre les attentions. L’essentiel, pour Odile Pradem-Faure, étant « de garder un esprit pionnier ».

A.Helmbacher

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