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Le Printemps de la danse arabe #0

Le Printemps de la danse arabe #0 - Critique sortie Danse Paris INSTITUT DU MONDE ARABE
Alexandre Paulikevitch dans Tajwal © Caroline Tabet

A PARTIR D’AVRIL 2018 / Paris / Festival
Entretien / Marie Descourtieux

Avec le Printemps de la danse arabe, un nouveau festival éclot à Paris. Du 18 avril au 23 juin 2018, quatre lieux culturels s’unissent à l’Institut du Monde Arabe pour accueillir spectacles, films, résidence et tables rondes. Directrice des actions culturelles de l’IMA, Marie Descourtieux présente une édition 0 pleine de promesses.

Pourquoi l’Institut du Monde Arabe (IMA) a-t-il cherché à s’associer avec d’autres lieux pour créer ce premier festival de danse arabe ?

Marie Descourtieux : Parmi les lieux partenaires de cette édition 0 – Le 104, L’Atelier de Paris, le Théâtre de Chaillot et le Centre National de la Danse – et ceux qui se sont déjà engagés à participer aux éditions ultérieures, la plupart programment depuis longtemps des artistes du monde arabe. Les autres ont manifesté le désir de le faire. Notre but étant de donner le plus large espace de visibilité possible à la danse arabe dans Paris, il nous a paru naturel de fusionner nos forces. Contrairement à la danse orientale et à la musique, la danse contemporaine était jusque-là assez peu présente à L’Institut du Monde Arabe. Nous entendons ainsi inscrire cette discipline très dynamique dans l’identité du lieu, dont nous avons fêté les 30 ans en 2017. Ayant créé et codirigé une compagnie de danse contemporaine pendant 20 ans, ce projet me tient personnellement très à cœur.

Avant de se poursuivre dans les lieux partenaires, le festival s’ouvre avec cinq jours de spectacles et autres événements à l’IMA. Sur quels critères cette programmation a-t-elle été construite ?

M.D : En premier lieu, l’excellence. Les artistes programmés pendant ces cinq jours sont en effet engagés dans des démarches exigeantes, pour la plupart encore peu connues du public français. Hormis le danseur et chorégraphe Radhouane El Meddeb reconnu à l’international, et Alexandre Roccoli et Saïdo Lehlouh qui vivent en France, ce Printemps de la danse arabe sera un festival de découvertes. À commencer par Alexandre Paulikevitch, qui questionne l’histoire du Liban à travers un travail autour de la danse « baladi ». Ou encore avec l’artiste syrienne réfugiée en France Yara Al Hasbani, avec le pionnier de la danse contemporaine en Tunisie Imed Jemaa, le Libanais Pierre Geagea qui mêle danse et langue des signes. Sans oublier le Tunisien Nejib Khalfallah dont le spectacle Fausse couche sera présenté à l’Atelier de Paris pendant le festival June Events, que j’ai vu au Festival de Tunis en mai dernier.

« Il ne faut pas rajouter de frontières aux frontières. Notre festival se veut rassembleur et lieu de dialogue. »

Pourquoi avoir choisi de mêler artistes français et artistes du monde arabe ?

M.D : Je crois qu’il ne faut pas rajouter de frontières aux frontières. Notre festival se veut rassembleur et lieu de dialogue. C’est pourquoi nous y mettons en valeur la danse arabe dans un sens large. Cela en programmant à la fois des artistes arabes travaillant dans leur pays ou ailleurs, ainsi que des artistes étrangers dont l’œuvre chorégraphique a un lien avec le monde arabe. Comme Alexandre Roccoli, dont les recherches autour de la mémoire et de ses altérations prennent souvent la forme d’une rencontre entre danse contemporaine et formes traditionnelles. Pour la même raison, nous souhaitons aussi intégrer dans notre programme des artistes issus de l’immigration. C’est le cas de Saïdo Lehlouh, qui dans Wild cat revisite un style de hip-hop, le B-Boying.

M.D : Comptez-vous développer des partenariats ailleurs en France ? Dans le monde arabe ?

M.D : Ce festival a d’abord vocation à s’inscrire dans l’offre culturelle parisienne. C’est pourquoi dès la prochaine édition, d’autres institutions de la capitale s’ajouteront à nos partenaires. Nous comptons renforcer les liens qui nous unissent à ces structures, afin de proposer l’événement le plus riche et pertinent possible. Nous souhaitons aussi continuer de travailler avec l’Atelier des artistes en exil ouvert en 2017 par Judith Depaule, qui a pour mission d’identifier des artistes en exil et de les accompagner dans leurs démarches administratives et artistiques. Un lieu précieux, qui nous a permis de découvrir la talentueuse Yara Al Hasbani.

Propos recueillis par Anaïs Heluin

A propos de l'événement

Le Printemps de la danse arabe #0
du Mercredi 18 avril 2018 au Samedi 23 juin 2018
INSTITUT DU MONDE ARABE
1 rue des Fossés-Saint-Bernard, Place Mohammed V, 75005 Paris, France

Également au 104, à l’Atelier de Paris, au Théâtre de Chaillot et au Centre National de la Danse.


Tel : 01 40 51 38 38. www.imarabe.org


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