La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Le Cirque contemporain en France

L’acteur comme un vecteur de forces

L’acteur comme un vecteur de forces - Critique sortie
Crédit : Sylvain Frappat

Les évolutions du cirque : regard et pratique

Publié le 11 novembre 2014

Acrobate, jongleur, danseur, auteur… et avant tout joueur né au cirque à l’école du Cirque Plume, Yoann Bourgeois décrit son expérience et sa conception du cirque. 

« Le répertoire constitue un des enjeux actuels »

« Pour moi, le cirque est une discipline intrinsèquement ouverte. Quand on cherche à rendre lisible une figure, on se pose la question de la représentation, du rythme, de choses qui sont en fait à la lisière du champ chorégraphique ou du théâtre. A un moment donné j’ai eu envie de situer ce que je faisais chaque jour et de lui donner un sens. J’ai donc suivi un cursus en alternance au Centre National des Arts du Cirque à Châlons-en-Champagne et au Centre National de Danse Contemporaine d’Angers. Là-bas, j’ai eu la chance de reprendre une pièce de Trisha Brown, Set and Reset. C’était un rapport très vivant au répertoire, ce que je ne connaissais pas dans le cirque. C’est comme si le cirque ne prenait pas la parole, n’arrivait pas à s’inscrire de l’intérieur. La figure du nomade a beaucoup marqué les manières de faire, et imprimé aussi des craintes par rapport à l’institution.

Répertoire et écriture

Je pense que le répertoire constitue un des enjeux actuels. Il n’y a pas de répertoire s’il n’y a pas d’écriture. S’il y a des cirques, donc autant d’écritures circassiennes que de circassiens, il n’y a par contre pas beaucoup de circassiens qui posent véritablement la question de l’écriture. Une écriture qui arrive à tenir debout toute seule, qui ne dépende plus de celui qui l’a faite. J’utilise la notion d’auteur parce que je me situe plus du côté de l’écriture, mais l’interprète importe vraiment. Quand j’écris quelque chose, j’espère que cette chose-là va pouvoir être interprétée et non pas exécutée, parce qu’il faut qu’elle soit vivante, qu’elle soit jouée. La matière que je travaille est proprement circassienne, à partir des balles, du trampoline, mais le traitement de cette matière est plutôt chorégraphique. Ce qui m’intéresse dans le cirque, c’est qu’il résonne dans toutes les époques. Je ne fais pas de scission entre le cirque traditionnel et le cirque contemporain. Je considère simplement l’acteur comme un vecteur de forces, et j’essaye de travailler à partir du plan mécanique des choses. »

 

Propos recueillis par Nathalie Yokel

 

Celui qui tombe, création en octobre et tournée en France jusqu’en juin 2015. La Balance de Lévité, Les Fugues, Autoportrait en tournée.

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