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Danse - Gros Plan

Hautes Tensions

Hautes Tensions - Critique sortie Danse
Crédit : Pierre Planchenault Légende : Rage, d’Anthony Egéa, est au festival Hautes Tensions

Publié le 10 avril 2012 - N° 197

La deuxième édition du festival prend ses marques en défendant de concert la création hip hop et le cirque. Quinze jours qui investissent tout le Parc de la Villette, mettant en parallèle deux arts « jeunes »… Un rapprochement, mais pas encore un dialogue.

En matière de croisements, les liens entre la radicalité d’une Phia Ménard et le hip hop virtuose des Wanted Posse ne sont pas à creuser. Le festival rassemble avant tout sur un même temps fort les artistes issus des deux champs sur lesquels le Parc de la Villette se positionne habituellement, à travers les projets de l’espace périphérique, de l’espace cirque ou du Wip Villette. L’événement s’ouvre sur deux projets où la notion d’espace est une composante essentielle : Les Fuyantes, où l’on retrouve la signature de Camille Boitel aux côtés de Boris Gibé pour un huis clos acrobatique cherchant ses appuis dans les moindres recoins ; et Face Nord, où Alexandre Fray et Frédéric Arsenault poursuivent la voie du porté dans une magnifique arène, cherchant la prise de risque dans le geste comme dans le rapport au public. Coup de projecteur également sur Phia Ménard qui nous fait découvrir à travers deux pièces programmée, une authentique démarche : sublimant l’objet plastique à travers la manipulation de sacs, elle orchestre un étrange ballet, de L’Après-midi d’un Foehn pour la version tout public avec son interprète Cécile Briand, à la métamorphose inquiétante de Vortex, poussant à bout le dépouillement. Côté découverte, on s’attachera à la première grande création du collectif Ivan Mosjoukine, qui, avec De nos jours (notes on the circus), reprend à son compte les principes du montage cinématographique.

Quelques Premières à ne pas manquer

Côté jardin, c’est la Première de je suis une personne, spectacle « en container », porté par la compagnie ktha, experte du genre. La danse hip hop présentée dans Hautes Tensions quitte définitivement l’espace extérieur et assume quant à elle tous les artifices de la scène. A commencer par la nouvelle création d’Anne N’Guyen, danseuse et chorégraphe singulière. Dans Promenade obligatoire, elle exploite le principe de la traversée de la scène jusqu’à l’épuisement, balayant d’un même geste la performance au sol pour retrouver les bases d’un hip hop debout mais contraint par l’espace et la direction. Amala Dianor, autre électron libre aussi à l’aise chez des chorégraphes contemporains que dans son hip hop très personnel, signe les premières représentations de Crossroads, dont des extraits avaient été salués par le public (1er prix) et par les professionnels (2ème prix) au concours (Re)Connaissance. Ces deux créateurs ont la particularité de situer le hip hop dans une démarche de création originale, poussant plus loin les décadrages et la recherche autour du geste. A côté, Les Wanted Posse font figure de gardiens du temple avec (R)évolution, tandis qu’Anthony Egéa, qui a su pousser le hip hop vers la féminité ou vers la dynamique du ballet, embarque dans Rage la puissance de danseurs africains autour d’influences multiples puisées dans l’échange.

Nathalie Yokel


Festival Hautes Tensions, du 11 au 22 avril, du mercredi au samedi, au Parc de la Villette, 211 avenue Jean Jaurès, 75I019 Paris. Tel : 01 40 03 75 75. www.villette.com

A propos de l'événement



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