« Cendrillon, drôle d’oiseau », une subtile clownerie musicale proposée par Arnaud Guillou
Dans le cadre de la cinquième édition du [...]
Qu’est-ce que la liberté ? Gerold Schumann fait théâtre de la question posée par Vassili Grossman dans la fresque à travers laquelle il explore les rouages des totalitarismes du XXème siècle.
Comment vous est venue l’idée d’adapter Vie et destin ?
Gerold Schumann : Je suis allemand. Plus jeune, j’ai essayé de comprendre pourquoi et comment le national-socialisme avait pu advenir, en étudiant les films de Leni Riefenstahl, l’esthétique du fascisme, en travaillant sur la manipulation de la population, sur la Shoah. Il y a dix ans, je me suis dit que je pouvais jeter tout cela. Est venu depuis le temps dans lequel nous vivons aujourd’hui, qui m’a fait regretter d’avoir tout jeté. Dans ce climat de guerre latente ou réelle, de renaissance du fascisme, de culte de la virilité, de destruction de la nature et du climat, je me suis dit qu’il fallait reprendre ce travail, en particulier à destination des jeunes. C’est pourquoi j’insiste sur le fait que ce spectacle est visible à partir de 14 ans.
Comment l’avez-vous adapté ?
G. S. : Avec mon complice René Fix, mais sans choisir la traduction française, qui enjolive le texte. À partir de la traduction allemande et du texte original, nous avons travaillé ensemble, aidés par François Clavier et Maria Zachenska, qui lisent le russe, jusqu’à parvenir à un texte théâtral. L’adaptation est centrée sur Strum et Mostovskoï, le scientifique et le vieux communiste. Le roman est un puzzle qui ne raconte pas une, mais des histoires. Nous avons intégré au texte des soldats contemporains qui s’emparent des histoires du livre pour les jouer. Cela permet de les resituer dans notre présent, celui de la guerre en Ukraine. Ce qui m’intéresse, c’est d’interroger, comme le fait Grossman, la structure des totalitarismes, tout en montrant que l’aspiration de l’homme à la liberté est inaliénable : telle est, je crois, la lumière de notre temps, et c’est cela qui me guide.
Comment s’organise la mise en scène ?
G. S. : Elle s’appuie sur un plateau presque vide, un univers blanc comme la neige sur lequel on projette les vidéos de Pascale Stih. Jamais on n’est dans une situation naturaliste ou de reconstitution historique. Tout est exposé mais tout est distancié. Les comédiens (François Clavier, Maria Zachenska, Vincent Bernard, Thérésa Berger et Thomas Segouin) ne jouent pas les émotions mais les provoquent. La musique aux accents contemporains et les guitares de Yannick Deborne contribuent à créer cet univers dans lequel les comédiens interprètent les multiples personnages.
Propos recueillis par Catherine Robert
Lundi, mardi, jeudi et vendredi à 14h ; vendredi et samedi à 20h30. Tél. : 01 39 94 49 65. Théâtre Studio, 16, rue Marcelin-Berthelot, 94140 Alfortville. Du 21 janvier au 1er février, du mardi au samedi à 20h30. Tél. : 01 43 76 86 56. Durée : 1h25. À partir de 14 ans.
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