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Avignon / 2024 - Entretien / Gabriel Calderón
Brouillage des identités et des époques pour une réflexion sur le pouvoir et le théâtre : Gabriel Calderón met en scène Joan Carreras dans un monologue où il se débat avec Richard III.
« L’interprète de la pièce, Joan Carreras, est un acteur de théâtre éblouissant, passé par toutes les strates du théâtre, à la hauteur du défi que cette pièce représente. La pièce met en jeu quelqu’un qui veut le pouvoir, le trône, la reconnaissance. Les frontières entre l’acteur et son personnage se brouillent. La pièce propose de nous montrer que nous pouvons tous être Richard. Cela peut nous amuser ou nous horrifier de nous voir mentir, dire du mal des autres, faire des scènes pour obtenir des choses. Nous ne tuons peut-être personne, mais cela ne nous empêche pas de comprendre Richard, et, à un moment donné, d’éprouver de l’empathie pour son désir, pour son mépris envers ceux qui occupent les espaces de pouvoir en étant médiocres, pour sa merveilleuse capacité à reconnaître les faibles et les forts, en affrontant les uns et les autres. Richard III est une machine humaine, et nous sommes tous cette machine.
Nous pouvons tous être Richard
Une réflexion brutale sur le pouvoir et le théâtre se déploie. La brutalité vient de Shakespeare et de son personnage, de Thomas More et de sa biographie de Richard III. Dans ce monde violent, les acteurs et les créateurs sont des clowns morts, nous sommes Yorik, le bouffon mort de la Cour du Danemark, nous sommes son triste écho. Ma vision n’est pas brutale, mais pieuse. Je crois aux acteurs et aux actrices, je ne crois pas aux systèmes qui leur disent ce qu’ils peuvent ou ne peuvent pas faire. Shakespeare a su naviguer magnifiquement dans une époque complexe, entre pestes et fléaux, entre un public ignorant et un public cultivé, entre querelles et amours. Je pense que notre époque est complexe mais que nous sommes moins préparés à l’affronter. Shakespeare nous rappelle que le théâtre est à la fois dangereux et inoffensif, qu’on peut avoir les faveurs du roi tout en l’insultant. Ce sont des questions d’actualité. Qui sont les rois dans la culture d’aujourd’hui ? Et que faisons-nous devant eux ? Bouffons, assassins, traîtres, amoureux : avec humilité, je me sens uni à tous devant le roi, et j’espère sa faveur pour escroquer quelques pièces en notre faveur, et pour que le théâtre reste ouvert un jour de plus. »
Propos recueillis par Catherine Robert
Du 12 au 14 et du 19 au 21 juillet à 19h.
Tél. : 04 90 14 14 14. Durée : 1h10.
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