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Sylvain Rifflet, beaux hommages Aux Anges

Sylvain Rifflet, beaux hommages Aux Anges - Critique sortie
Crédit photo : Sylvain Gripoix

Jazz / saxophone

Publié le 17 février 2022 - N° 297

Pour son nouvel album, le saxophoniste salue ses anges, pour d’autant mieux transcender sa version d’un jazz résolument ouvert.

En 2007, il publiait Rocking Chair avec Airelle Besson, un petit disque sur un non moins petit label, Chief Inspector, qui confirmait là qu’on tenait un « Nouveau talent », glanant ensuite un Django d’or. Depuis quinze ans, Sylvain Rifflet s’est démultiplié, sans perdre ce qui fonde sa singularité : une manière de conjuguer et faire raisonner le mot jazz, vers de nouveaux horizons. C’était l’enjeu d’Alphabet, un quartet avec le flûtiste Joce Mienniel, dont la poétique alchimie électro-acoustique accouchait d’une nouvelle langue. Pareille ambition se retrouvait autrement déployée avec Perpetual Motion, où il réinvestissait le matériau de Moondog, pope du jazz post-moderne. Dans la foulée, tout en concoctant Acous_Matic, il publiait Re Focus, libre inspiration à partir d’un de ses albums de chevet, Focus de Stan Getz. Un état d’esprit plus qu’à la lettre près. Toujours sur la brèche, Sylvain Rifflet a depuis salué l’âme des Troubadours, où il croisait l’esthète trompette de Verneri Pohjola, puis retrouvait en 2020 le saxophoniste Jon Irabagon pour Rebellion(s), pour un dialogue réflexif entre les maux et les notes. Le revoilà en ce début 2022 avec Aux Anges, son disque le plus personnel selon lui, « comme une synthèse du travail entamé il a dix ans ». Le temps de dix vignettes sonores, il y salue de citations en allusions « ces anges qui m’inspirent et m’aident à vivre » : Abbey Lincoln et Stan Getz, Claude Sautet et James Baldwin, les mésanges comme les compositeurs Steve Reich, Terry Riley et Philip Glass. À l’image de la pochette, le dessin d’un homme bleu qui court signé du songwritter Piers Faccini, ce dédale de multipistes est le prétexte pour tracer les contours et détours d’une bande-son qui ressemble à son auteur : aussi bien ouverte à tous les vents que résolument encrée dans ce que l’on nomme le jazz, une capacité à transcender les codes pour éclairer des chemins buissonniers, là où l’on peut encore « rêver » à d’autres lendemains.

Jacques Denis

A propos de l'événement

Sylvain Rifflet
du jeudi 10 mars 2022 au lundi 4 avril 2022

Le 10 mars à 20h à Crest Jazz, Moondog In Africa


Le 19 mars à 21h au Théâtre de Fontblanche à Vitrolles,


Le 4 avril à 20h30 au Studio de l’Ermitage de Paris, Aux Anges


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