La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -180-pontoise

Patrick Lhotellier

Patrick Lhotellier - Critique sortie Classique / Opéra

Publié le 10 septembre 2010

Mêler les disciplines artistiques

Le directeur du Festival baroque de Pontoise nous explique la spécificité de sa manifestation et nous détaille les temps forts de cette édition.

« Nous recherchons une vraie adéquation avec le patrimoine de la région. »
 
Quel bilan dressez-vous après 25 ans d’activité du Festival baroque de Pontoise ?
 
Patrick Lhotellier : Il y a eu une vraie montée en puissance ! Au tout début du Festival, il y avait un ou deux concerts, aujourd’hui il y en a une vingtaine. La manifestation appartient par ailleurs depuis dix ans au REMA (Réseau Européen de Musique Ancienne). L’idée du festival de Pontoise est de favoriser le dialogue entre la musique et les autres arts : le théâtre, la danse, la poésie, ou encore les arts de la rue. Nous recherchons aussi une vraie adéquation avec le patrimoine de la région. Nos concerts se déroulent cette année dans seize lieux différents, notamment le château d’Ecouen et l’abbaye de Maubuisson.
 
Quelle est la thématique de cette édition ?
 
P.L. : La formule qui résume cette édition est : « L’infini désir d’un autre monde ». Nous voulons faire un parallèle entre notre époque et la période baroque, car il y a dans les deux cas une aspiration à un monde meilleur. Nous sommes ainsi heureux d’accueillir en ouverture du Festival Jordi Savall pour un programme Orient-Occident (17 septembre). Autre icône vivante : Gustav Leonhardt, qui compare dans son concert l’art du clavecin en France et en Allemagne (25 septembre). Dans notre idée de réunir les arts, François Lazarevitch propose un atelier de danse Renaissance (19 septembre) ou encore Jean-Christophe Frisch nous invite, avec son ensemble XVIII-21, à un tour du monde du baroque nomade, avec soprano, jongleur, instruments traditionnels… (26 septembre).
 
La programmation ne se limite pas à des concerts…
 
P.L. : Dans le cadre d’un important travail de recherche de nouveaux publics, nous menons beaucoup d’actions envers les scolaires. Nous donnons par ailleurs des conférences en lien avec l’Université Inter-Ages. Enfin, avec le cinéma Utopia de Pontoise, nous programmons deux films qui se font l’écho de notre thématique : « Les Amours d’Astrée et de Céladon » d’Eric Rohmer et « Le Nouveau Monde » de Terrence Malik.
 
Quel est le budget du Festival ?
 
P.L. : Notre budget est d’un peu plus de 400 000 euros. Nous avons dû faire face à un retrait important de nos mécènes dès 2007. On sent par ailleurs l’inquiétude du public, qui doit affronter des problèmes financiers. En conséquence, certaines propositions artistiques ont du mal à attirer une audience importante. Je sens que la culture n’est pas forcément la priorité de l’Etat. Or ce qui va coûter cher, c’est l’inculture, facteur de violence sociale.
 

Propos recueillis par Antoine Pecqueur

A propos de l'événement


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