La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -180-pontoise

Jordi Savall

Jordi Savall - Critique sortie Classique / Opéra
Crédit : David Iganszewski

Publié le 10 septembre 2010

Rencontre entre Orient et Occident

A la tête de son ensemble Hesperion XXI et avec la soprano Montserrat Figueras, le célèbre violiste est à l’affiche du concert d’ouverture du Festival baroque de Pontoise.

« Nous recréons l’esprit de l’Espagne médiévale, où se mêlaient juifs, arabes et chrétiens. »
 
Pouvez-vous nous présenter le programme que vous donnerez à Pontoise ?
 
Jordi Savall : Il s’agit d’un concert entre Orient et Occident. On entendra à la fois des musiques de pèlerinage, des mélodies séfarades, des pièces turques. Le but est de rappeler qu’entre toutes ces cultures il y a un langage musical commun. Nous jouons d’ailleurs une même mélodie dans plusieurs langues (en grec, en arabe, en turc et dans la langue des juifs séfarades). Nous recréons l’esprit de l’Espagne médiévale, où se mêlaient Juifs, Arabes et chrétiens.
 
Y a-t-il un message politique dans ce concert ?
 
J.S. : Nous montrons déjà que la musique peut unir des artistes de différents pays, puisqu’on retrouve, dans l’ensemble, des musiciens espagnols, grecs, marocains… Il me paraît ensuite essentiel de dire que ces pays où il y a aujourd’hui tant de haine et de conflits ont des racines communes, dont la musique. Celle-ci peut mener à une harmonie, à un respect de l’autre.
 
Etes-vous un habitué du Festival de Pontoise ?
 
J.S. : Nous y avons joué plusieurs fois. Je me rappelle avoir donné un concert dédié à Marin Marais il y a un peu moins de dix ans. J’apprécie le fait que cette manifestation programme des répertoires peu connus et ose le mélange des cultures.
 
Quel regard portez-vous sur l’évolution de la mouvance sur instruments anciens ?
 
J.S. : Les jeunes générations sont bien mieux préparées à interpréter la musique ancienne. Mais je regrette que ce répertoire soit toujours moins aidé financièrement que les opéras ou les orchestre symphoniques. Les institutions devraient davantage travailler à la défense de ce patrimoine. Par ailleurs, nous n’avons pas été épargnés par la crise économique. Si nous arrivons à avoir le même nombre de concerts que les autres années, nous devons très souvent aller y jouer en effectif plus restreint.
 
Propos recueillis par A. Pecqueur


 

Le 17 septembre à 20h45 à l’Eglise Notre-Dame de Pontoise.

A propos de l'événement


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