L’Orchestre des Jeunes de l’ONJ en pleine maturité
L'Orchestre des Jeunes de l’ONJ, véritable [...]
Focus -343-L’ONJ, 40 ans et toujours en constant renouvellement
Depuis 1986, l’Orchestre National de Jazz a traversé quatre décennies pour porter, sur scène comme sur disque, des orientations artistiques singulières. À chaque direction son cap, sans oublier de maintenir les missions premières de la formation.
« Considérer l’histoire de l’ONJ dans un unique continuum, ce serait restreindre la force de la première volonté, celle qui fit naître un orchestre aux possibles multiples. Ce serait aussi limiter la personnalité des directeurs et des formidables talents qu’ils ont su agréger autour d’eux. » Cet avant-propos, publié à l’occasion des vingt-cinq ans de l’ONJ, rappelle que ce grand orchestre né en 1986 sous l’impulsion du ministère de la Culture aura abrité des ensembles composites.
Les premiers temps de l’ONJ
Le premier d’entre tous, dirigé par François Jeanneau, révèlera des talents émergents : Denis Leloup, Andy Emler, Marc Ducret… « Tout le monde avait envie de continuer et l’orchestre sonnait de mieux en mieux », analysera a posteriori Jeanneau. Un an et un disque plus tard, la durée du mandat sera donc doublée. Tout juste sorti du conservatoire, Antoine Hervé prend le relai en 1987, avec une équipe renouvelée. « Ce qui m’intéressait, c’était de faire aimer la musique de mon temps : Keith Jarrett, Weather Report, le rock aussi qui fut important pour mon frère et moi. En France, ce genre d’ouverture a toujours été problématique. »
Libres pratiques
De 1989 en 1991 Claude Barthélemy poursuit en ce sens, pour donner forme à un orchestre de jazz de chambre ouvert à toutes les hybridations. Le guitariste remettra ça en 2002. En attendant, Denis Badault se voit confier les clefs en 1991, cette fois pour trois ans. Le pianiste va y poser sa touche, celle d’une joyeuse bande d’originaux qui va alimenter des improvisations où ceux qui priment sont les musiciens, et non le chef. Puis, entre 1994 et 1997, Laurent Cugny est à la tête d’un orchestre constitué qu’il entend faire grandir. Il lui faudra composer pour l’ONJ, marqué par trois disques dont un ultime – et très poli – Merci, Merci, Merci. Dans la foulée, le contrebassiste Didier Levallet fera entendre sa divergence de style, fort d’une pratique de la libre improvisation. Deep Feelings, pour paraphraser le recueil qui referme ce chapitre, avec Jeanne Lee au micro.
Ouverture vers d’autres univers
Celui qui lui succède est un Transalpin, une première qui ne va pas sans polémiques. Le Romain Paolo Damiani n’est pourtant pas dénué de qualités, brassant les générations (Médéric Collignon et Thomas de Pourquery encore tout jeunes…) et témoignant d’un désir de faire un pas de côté avec Anouar Brahem. L’expérience tourne court, et dès 2002 Claude Barthélemy revient aux affaires. Le guitariste provoque des rencontres avec Ars Nova comme autour de classiques du répertoire français. Une forme de consensus pour celui qui veut que ça plaise « autant dans le passé que dans l’avenir ». Le futur chef sera Franck Tortiller, qui regroupe des solistes confirmés comme le formidable Michel Marre au tuba et au bugle. Le vibraphoniste s’appuie sur une solide section rythmique pour accoucher de programmes qui investissent autant Led Zeppelin que les opérettes. Entre 2005 et 2008, l’ouverture est toujours à l’œuvre.
Orchestre à géométrie variable
Une nouvelle page s’ouvre avec le contrebassiste Daniel Yvinec, qui se voit plus comme un directeur artistique. « C’est bizarre qu’une musique qui sert à vendre des bagnoles et des parfums soit aussi moribonde. La vocation de l’ONJ, c’est peut-être aussi d’entrouvrir la porte de la cuisine », confie-t-il en préambule. À la tête d’une formation resserrée, Astor Piazzolla et Robert Wyatt seront revisités, avant de finir par The Party, pour le moins festif. Le guitariste Olivier Benoit lui succède en 2014, dont les programmes sont étiquetés Europa. On y remarque un tromboniste qui promet : Fidel Fourneyron. Quant à l’ONJ dirigé entre 2019 et 2024 par Frédéric Maurin, il s’ouvre à des artistes associés, mais aussi des personnalités issues d’autres champs du spectacle vivant, créant un orchestre intergénérationnel à géométrie variable et esthétiques variées, mais avec une spécificité : que la part des hommes et des femmes soit égale. Enfin !
Jacques Denis
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