La Terrasse

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Focus -263-GENERATION SPEDIDAM

L’homme-orchestre

L’homme-orchestre - Critique sortie Classique / Opéra

Entretien / Didier Benetti

Publié le 21 février 2018 - N° 263

Pilier de longue date de l’Orchestre National de France dont il est l’imparable timbalier solo, Didier Benetti est avant tout un musicien entreprenant, ouvert et curieux. Son éclectique projet musical se déploie aussi dans les champs de la direction d’orchestre et de la composition, pour de grandes scènes lyriques et pour les « concerts fictions » de France Culture.

Par quel processus avez-vous ajouté à votre métier de timbalier, grâce à la direction d’orchestre, une autre forme d’expression musicale ?

Didier Benetti : Le désir d’accéder à cette forme artistique résulte d’un besoin d’épanouissement musical plus intense. En effet prendre la direction musicale d’une entité orchestrale permet de s’accomplir plus profondément car les décisions artistiques, les choix, le regard et la lecture portées sur telle ou telle œuvre offrent une plus grande liberté que celle du musicien d’orchestre.

L’expérience de timbalier est-elle une aide pour passer à la direction ?

D. B. : Je pense que tout musicien d’orchestre, quel que soit son poste, possède un atout : celui de connaître à la fois les attentes des musiciens, mais aussi de savoir comment est régi un orchestre. Qui plus est le poste de timbalier offre une perspective très intéressante par sa position à la fois musicale mais aussi géographique au sein de l’orchestre. La capacité de chacun à focaliser les énergies des musiciens reste cependant une inconnue qui tient souvent du mystère.

Vous vous exprimez aussi de plus en plus comme compositeur, en particulier récemment dans le cadre de créations radiophoniques à Radio-France…

D. B. : Au début mon rôle était d’assurer la direction musicale du projet et de conduire l’orchestre. Mais plutôt que de prendre des extraits d’oeuvres symphoniques qu’il aurait fallu remanier ou couper, il m’a semblé que la démarche artistique était bien plus porteuse si l’on composait une musique originale pour ces textes.  C’est ainsi que cela a commencé et que l’on a créé des « Concerts Fictions ». C’est un concept tout à fait nouveau. Une sorte d’oratorio parlé où la musique est toujours en lien étroit avec le texte et les effets sonores. Avec le réalisateur Cédric Aussir et l’adaptateur Stéphane Michaka, nous avons créé depuis 2015 six concerts fictions avec l’orchestre National de France, de Dracula à Antigone.

 

Propos recueillis par Jean Lukas

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