« Les Furtifs » par Laëtitia Pitz, Benoit Di Marco et Xavier Charles
Laëtitia Pitz, Benoit Di Marco et Xavier [...]
Musicien improvisateur et compositeur, Xavier Charles met en jeu la question de l’écoute et des façons de la renouveler. Il a collaboré à plusieurs des spectacles de Roland furieux.
« J’essaie toujours de réinventer mon mode opératoire en fonction du texte. Si je n’entends rien dans le texte, il m’est impossible de composer. Chez Volodine, il y avait cette langue comme un projecteur de cinéma : les univers sonores ont été assez simples à inventer. Avec Damasio, ça a été plus compliqué. Les images venaient moins clairement, mais cela m’a obligé à inventer des concepts de composition et à réfléchir à la relation entre le texte parlé et la musique. À partir de là, il m’a fallu construire des stratégies d’écriture. Les espaces, les personnages, les tensions politiques, le drame m’y ont aidé. Le jeu compositionnel vise à permettre à la voix parlée de s’accrocher aux sons et vice-versa, par la dépendance, un timing commun ou parallèle ou un déclenchement de l’un par l’autre. Je veux que l’auditeur ne sache plus s’il entend un son ou un mot.
De sons en concepts
Je conduis l’orchestre selon un mode d’écriture qui peut ressembler à la vignette de la bande dessinée, selon des dynamiques de mouvement. Les informations que je donne à tout le monde se présentent comme dans une case de BD. Il n’y a pas de temporalité, pas de chronomètre. On s’écoute, comme dans la musique contemporaine ou le jazz. Ainsi, dans Les Furtifs, il y a, à la fin, un duo entre Sélim Zahrani, un des récitants, et le tromboniste Alexis Persigan : l’orchestre s’enroule autour d’eux, comme si on inventait des jeux de rôle à l’intérieur de l’orchestre. Avec Roland furieux, j’ai travaillé sur Baricco, Tchekhov et Sarah Kane. Les Furtifs m’ont offert en plus d’élaborer des choses de l’ordre du concept, absolument passionnantes. »
Catherine Robert
Laëtitia Pitz, Benoit Di Marco et Xavier [...]
Série théâtrale et musicale en 4 épisodes, la [...]