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Focus -263-Le Vertical Dance Forum

La danse verticale : une discipline, une histoire, un réseau, des événements

La danse verticale : une discipline, une histoire, un réseau, des événements - Critique sortie Danse
D. R.

Entretien Fabrice Guillot

Publié le 12 février 2018 - N° 263

Le chorégraphe de la compagnie Retouramont Fabrice Guillot revient sur la nécessité et les atouts du Vertical Dance Forum.

A quel moment avez-vous senti que ce travail autour de la danse verticale pouvait être porté à l’échelle d’un réseau ?

Fabrice Guillot : La danse verticale, c’est un peu comme le hip hop : au début, c’était une expérimentation, puis on s’est rendu compte qu’on était de plus en plus nombreux. Au bout d’un moment, chacun a développé une technique, un répertoire, et on a vu émerger des écritures. Il y a eu un départ assez fort en France avec la compagnie Roc in Lichen, qui a été pionnière, pour laquelle j’ai dansé, alors que j’étais au départ grimpeur. Il y a eu aussi l’impact de gens qui n’ont jamais revendiqué de faire de la danse verticale, par exemple Trisha Brown sur les façades d’immeubles, ou les Sankai Juku suspendus en haut des buildings. On a vu ensuite l’émergence de la danse voltige, de la danse escalade. Cela s’est produit à peu près à la même époque en Italie, aux Etats-Unis, mais, depuis 1989, depuis que la danse verticale existe, je me suis toujours senti un peu seul. Alors, un soir, nous avons appelé six collègues de la danse verticale en Europe et au Canada, et tous ont répondu à ce même désir de se rencontrer ! Le premier Vertical Dance Forum est né et a eu lieu en Irlande en 2014.

« Notre discipline est symbolique d’un franchissement des limites. »

Qu’est-ce qui se dégage de ce réseau ?

F. G. : On s’est trouvé beaucoup de points communs, bien qu’on vienne d’histoires et de disciplines différentes. Nous sommes face à un mouvement important, avec quelque 40 compagnies en France et plus de 200 dans le monde. Aujourd’hui la communauté de la danse verticale est énorme, on s’en rend compte dans nos gros événements, où l’on rassemble des gens qui viennent du monde entier suivre les ateliers.

Qu’est-ce que le projet la Danse Verticale en Kit ?

F. G. : L’événement s’appelle ainsi parce qu’il associe divers lieux en Ile-de-France. Nous imaginons le programme en fonction de chaque lieu d’accueil, en associant temps de rencontre, de pratique, restitutions avec les publics. Il y aura aussi des actions dans les universités, des présentations d’ouvrages historiques, de thèses…

Est-ce un besoin de mettre au jour une histoire et une pensée sur la discipline ?

F. G. : Oui, car nous arrivons aujourd’hui à des écritures diverses, à une forme d’art qui peut être au même niveau que le cirque contemporain ou la danse contemporaine. La danse verticale interroge aussi un enjeu politique, car notre discipline est symbolique d’un franchissement des limites. Partager la pratique, inviter d’autres regards à se poser sur elle, c’est une façon de dépasser l’aspect événementiel du spectacle, en énonçant des sens qu’on n’aurait pas imaginés. Nous voulons essayer de comprendre de quoi la danse verticale est le signe, ce qu’elle raconte.

 

Propos recueillis par Nathalie Yokel

A propos de l'événement



Le Vertical Dance Forum


Le réseau rassemble sept compagnies internationales de danse verticale : Retouramont (France, à l’initiative du réseau), Aeriosa (Canada), Fidget Feet (Irlande), Gravity & Levity (Royaume Uni), Histeria Nova(Croatie), Il Posto(Italie), Vertical Dance Kate Lawrence (Pays de Galles).


Site : www.verticaldanceforum.com


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