La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -190-criee

Jean-Louis Benoit

Jean-Louis Benoit - Critique sortie Théâtre
© Antoine Benoit

Publié le 10 septembre 2011

Courteline, un pessimiste dégoûté

Jean-Louis Benoit réunit trois pièces de Georges Courteline. Un spectacle sur l’absence d’amour dans la vie de couple.

« La force et la beauté de Courteline : son absence de profondeur. » Jean-Louis Benoit
 
 
Pourquoi avoir choisi de concevoir un spectacle sur la vie de couple ?
Jean-Louis Benoit : Pour rendre justice à un écrivain oublié qui, en son temps, fut considéré comme l’un des plus grands. Mais Courteline est sans profondeur. C’est l’Université qui le dit, l’évacuant de ses livres et programmes. Et si c’était justement cela, la force et la beauté de Courteline : son absence de profondeur ? Sa simplicité, sa banalité, ses situations dramatiques sans véritable charpente ? Les trois tranches de vie que je mets en scène se sont imposées à moi par leur cohérence : trois couples, trois guerres (la dernière est un massacre). Courteline y montre ce qu’il n’a cessé d’observer : l’absence d’amour. Dans ce monde-là, on ne s’aime pas, la vie de couple est un leurre. Courteline est un misanthrope, un pessimiste, un dégoûté.
 
Quels sont les fondements du comique chez Courteline ?
J.-L. B. : Ce théâtre se situe à l’opposé du vaudeville. Courteline ne s’appuie pas sur des procédés, mais sur des personnages admirablement dessinés, sur une seule situation dramatique, sur des dialogues de génie, sur une langue de toute beauté. Pour comprendre – aimer – Courteline, il faut se retourner vers la farce du Moyen-Age, vers le Molière de Scapin. Comme tout créateur, l’artiste Courteline témoigne du monde. Pas à la façon de Beckett ni de Sénèque, mais à celle des grands comiques. L’enjeu essentiel de ce théâtre, c’est le rire.
 
Quel est, aujourd’hui, l’état d’esprit du metteur en scène indépendant que vous êtes redevenu ?

J.-L. B. : Excellent  ! Je suis un optimiste. Ravi d’avoir « visité » pendant presque dix années l’Institution ! Je regretterai son confort, mais certainement pas le vide abyssal des rapports avec le politique local. Existence plus fragile aujourd’hui, bien sûr : chercher de l’argent, des soutiens, des coproductions… La vie de tous les jours des compagnies. Indépendant, certes, mais moins libre.

Propos recueillis par Manuel Piolat Soleymat


Courteline, amour noir, d’après La Peur des coups, La Paix chez soi et Les Boulingrin, de Georges Courteline ; mise en scène de Jean-Louis Benoit.
Du 12 au 28 janvier 2012.

A propos de l'événement


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