La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

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GUY ALLOUCHERIE

GUY ALLOUCHERIE - Critique sortie Théâtre

Publié le 10 octobre 2011

L’ART EN PARTAGE

DEPUIS HUIT ANS, GUY ALLOUCHERIE ET SES « VEILLEURS » ARPENTENT DES QUARTIERS POPULAIRES POUR ECHANGER AVEC LES HABITANTS SUR L’ART, LA CULTURE ET LA VIE. LES ATOMICS RACONTENT CES RENCONTRES.

« Je pars du réel mais j’ai besoin de m’en écarter pour en révéler toute la poésie. » Guy Alloucherie
 
 
Pourquoi avez-vous entrepris les « veillées », en 2003 ?
Guy Alloucherie : A travers mes spectacles, je cherche à partager des interrogations sur le monde, sur nos vies. Je voulais porter ces questions hors des théâtres, que ne fréquentent pas certains citoyens. La compagnie étant implantée dans le bassin minier de Loos-en-Gohelle, je me demandais comment prendre en compte les populations alentour, comment construire des formes de culture qui les concernent. D’où l’idée d’aller à la rencontre des gens sur leur terrain. En amont d’une veillée dans une ville, nous approchons les associations, les MJC ou les centres sociaux, qui nous orientent pour faire connaissance avec le territoire. Les contacts se tissent ainsi, par capillarité. Durant deux semaines, nous discutons avec les habitants sur leur existence, sur l’art, sur la culture, sur ce que ça représente pour eux. Les artistes interviennent aussi dans l’espace du quotidien. La résidence s’achève par une restitution publique où se croisent des images de la ville, des témoignages, des extraits de notre journal de bord, des interventions d’acrobates… La soirée tient plus de la veillée que du spectacle, au sens où la proposition englobe autant la scène que la salle.
 
Qu’en est-il du rapport à l’art et à la culture dans ces quartiers populaires ?
G. A. : Le lien est très vivace et les pratiques incroyablement foisonnantes. Pour moi, l’avant-garde se trouve là. Les artistes œuvrant sur ces territoires travaillent avec tous les acteurs de la vie sociale. Ils pensent le monde ensemble et proposent des formes en prise avec les populations. L’art retrouve sa pleine fonction esthétique comme mode d’un sentir ensemble.
 
Comment ces expériences nourrissent-elles votre écriture de plateau ?
G. A. : Le spectacle raconte cette histoire au long cours, comme un acte de transmission, un état des lieux des veillées que nous avons menées. C’est une façon de questionner notre engagement, nos prises de positions, nos errances, nos doutes… Les paroles collectées, les rencontres, les éléments de la culture ouvrière et populaire constituent la matière même de l’écriture qui mélange fiction et matériaux documentaires. Je pars du réel mais j’ai besoin de m’en écarter pour en révéler toute la poésie.

Propos recueillis par Gwénola David


 

Les Atomics, conception et mise en scène
 de Guy Alloucherie. Du 13 au 16 février 2012.

A propos de l'événement


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