La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -279-TKM ~Théâtre Kléber Méleau

Et j’ai crié Aline d’après Charles Ferdinand Ramuz, mis en scène de Thierry Romanens et Robert Sandoz

Et j’ai crié Aline d’après Charles Ferdinand Ramuz, mis en scène de Thierry Romanens et Robert Sandoz - Critique sortie Théâtre Renens-Malley Suisse. TKM - Théâtre Kléber-Méleau
Le comédien, chanteur et metteur en scène Thierry Romanens. Crédit : Mathilda Olmi

Entretien / Thierry Romanens
D’après Charles Ferdinand Ramuz / mes Thierry Romanens et Robert Sandoz

Publié le 23 août 2019 - N° 279

Après des œuvres d’Alexandre Voisard en 2009 et de Jean Echenoz en 2016, Thierry Romanens adapte à la scène Aline de Charles Ferdinand Ramuz. Une nouvelle occasion d’entrecroiser théâtre, littérature et musique.

Quels territoires artistiques souhaitez-vous approfondir, par le biais du théâtre, à travers l’association de la littérature et de la musique ?

Thierry Romanens : Puiser dans un répertoire qui n’est a priori pas destiné à la scène est devenu une marque de fabrique pour le travail que je mène avec le trio de jazz Format A’3. Dès la première lecture d’un texte, je pense oralité et musique. Je lis parfois à voix haute, je répète des phrases, et la musique est déjà présente. Celle de la langue. Puis intervient celle que nous jouerons avec des instruments. J’entrevois assez vite les endroits où la musique sera avec le texte, et où elle le remplacera peut-être. Nous racontons l’histoire à plusieurs. Ce n’est pas une musique d’accompagnement, c’est une autre écriture. La collaboration avec Format A’3 est très fructueuse. Je ne ferais pas ces projets sans eux. Mon expérience de chanteur et le rapport jouissif au public qu’il instaure ouvrent d’autres registres, plus libres, rhapsodiques ! La musique influence l’interprétation du texte, au-delà du sens. Elle en révèle parfois d’autres facettes. Avec la musique, la littérature accède à de nouveaux territoires.

« Avec la musique, la littérature accède à de nouveaux territoires. »

Quels partis-pris ont nourri votre travail d’adaptation ?

T.R. : J’ai l’habitude de dire que je travaille le texte comme un sanglier. Je mets le nez dedans, je retourne tout, et je regarde ce qui bouge ! Concrètement, je m’autorise toutes les libertés dans les coupes et les redites. Je pense vraiment au plateau. Les besoins de la scène ne sont pas ceux du roman.

Vous dites d’Aline qu’il s’agit d’un roman qui révèle « une histoire simple et puissante, à l’écriture faussement naïve »…

T.R. : Aline est jeune, elle tombe amoureuse, puis enceinte, et c’est le drame. Avant cela, c’est la découverte de l’amour… La sobriété de certains dialogues m’a fait sourire de plaisir : « Bonjour. Bonjour. Tu es venue. Oui ». Rien n’est dit. Pourtant, tout est là. Le silence, c’est encore de la musique dit-on. Chez Ramuz, je suis fasciné par ce qui se joue hors du texte. C’est un monde qui s’offre au lecteur. Et il y est question de responsabilité, du statut des femmes, « des mathématiques sanglantes de notre destinée ». Ramuz ne se place pas en philosophe ou ethnologue. Il est du côté des gens, de nous tous.

 

Entretien réalisé par Manuel Piolat Soleymat

A propos de l'événement

Et j’ai crié Aline d’après Charles Ferdinand Ramuz, mis en scène de Thierry Romanens et Robert Sandoz
du Mardi 14 janvier 2020 au Dimanche 26 janvier 2020
TKM - Théâtre Kléber-Méleau
Chemin de l’Usine à Gaz 9, CH – 1020 Renens-Malley, Suisse.

Tél : +41 21 625 84 29.


www.tkm.ch


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