En rythmes ! Entre stages de musique et de danse
Rien de tel que des stages, musique et danse, [...]
Focus -344-Festival Tempo Latino : Vic-Fezensac à l’heure des musiques latines
Depuis trente-deux ans, Eric Duffau compose la palette musicale de Tempo Latino, qui témoigne de la diversité des musiques dites latines. Revue de détails pour cette nouvelle édition, avec son fondateur.
Comment avez-vous conçu le programme de cette nouvelle édition ?
Eric Duffau : J’ai posé deux « balises » artistiques. La première avec Rogê : suite à son concert l’an dernier, puis à une longue discussion entre nous et ses deux musiciens autour de quelques verres en backstage, je souhaitais qu’il revienne avec une formation plus large. La seconde à propos d’Alfredo Rodriguez, sur la proposition d’un agent artistique très proche du festival, qui repose sur des invités comme Pedrito Martinez et sur son projet de sortie d’album Cover, à partir de reprises réarrangées en timba avec un quintette étincelant. À partir de là, j’ai construit le reste du programme, comme Matt Bianco qui vient de sortir un nouvel album, dont les rythmes me semblent en parfaite harmonie avec l’atmosphère de Rogê. Il en va de même concernant Akokan, un orchestre qui depuis sa venue en 2019 a poursuivi un parcours créatif très intéressant et toujours surprenant. J’ai choisi d’associer à cette couleur musicale la trompettiste Maïté Hontelé, qui amorçait un nouveau projet musical : Maïté Hontelé Y la Novia.
Qu’est-ce qui réunit les esthétiques convoquées ?
E.D. : De ces associations de formes et couleurs musicales m’est venue l’image d’un kaléidoscope musical, reliant des styles très divers : cumbia, afro-cubain, mambo, bossa-samba, timba, salsa, hip-hop, funk… Ce qui réunit tous ces artistes, ce sont ces rythmiques et couleurs musicales qui font naître de nouvelles formes. Chaque soirée révèle un déplacement, vers l’ailleurs, par l’atmosphère et les sonorités.
Yilian Cañizares jouera à l’église Saint-Pierre. Tout un symbole…
E.D. : Ce qui importe, c’est surtout la grâce et l’élégance que dégage Yilian, violoniste et chanteuse. Il fallait lui proposer, dans sa formule trio, l’espace et le temps qui peuvent magnifier ses talents. L’an dernier à l’église c’était Rogê, auparavant Maïté Hontelé avec Ramon Valle, et il y a 3 ans Rolando Luna en trio. Il s’agit d’une continuité de notre ligne artistique. La formation en trio a besoin d’un public bien installé, qui peut savourer ce moment à part dans la fraîcheur de l’église.
Le Off s’est encore étoffé cette année. Comment le voyez-vous ?
E.D. : Les cinq formations retenues viennent pour la première fois au festival, tout comme les DJ, hormis La furiosa. Le Off fait partie intégrante de la programmation du festival, enrichissant la palette musicale. La scène de La Conga est un « laboratoire » de recherche et de découverte afin d’élargir notre ouverture mais aussi d’offrir, par sa gratuité au public, l’accès à ces styles musicaux que nous soutenons depuis 32 ans. C’est comme une passerelle pour donner envie d’aller plus loin, vers le In du Tempo Arena !
En ce sens, les stages de musique ont-ils généré des vocations au fil du temps ?
E.D. : La formation et la transmission sont indispensables. Depuis toutes ces années, nombre de stagiaires jouent dans des formations, que l’on retrouve parfois dans le Off. Au sein des bénévoles et accompagnateurs de ces stages, certains font une carrière de musiciens professionnels. D’autres, ayant commencé la pratique musicale au sein des stages enfants, poursuivent dans leur vie d’adultes. Le festival peut sans doute en retirer une modeste fierté, sinon un encouragement à poursuivre ces missions.
Vous développez le festival en direction d’autres pratiques, comme le sport…
E.D. : Depuis pratiquement le début du festival, beaucoup de bénévoles, notamment du secteur de La Conga, font partie d’associations sportives comme le rugby, le volley, le basket, la pétanque et aussi le frisby ! Ces activités de plein air et sportives viennent animer les après-midis de festival sur la plage de sable blanc de La Conga, en vis-à-vis des concerts du Off. C’est parti pour le tournoi de beach-volley, en musique bien entendu !
Propos recueillis par Jacques Denis
infos : https://www.tempo-latino.com
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