La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -216-Colloque national Théâtre 95 / Cergy-Pontoise

Entretien Antoine Rufenacht

Entretien Antoine Rufenacht - Critique sortie Théâtre

Publié le 23 décembre 2013 - N° 216

Dialogue et intérêt général

D’abord élu conseiller général du Havre, Antoine Rufenacht a été maire de cette ville de 1995 à 2010. Son franc-parler s’enracine selon ses mots dans un « amour des gens » dont il fait la raison profonde de son engagement politique.

« Démocratie exige pédagogie et sagesse. »

Vous avez organisé et soutenu au Havre des instances permettant aux citoyens de participer directement à la vie politique et démocratique. Pouvez-vous présenter ce travail de soutien à la participation citoyenne ?

Antoine Rufenacht : Le vote à intervalles réguliers est naturellement le moment majeur de la vie citoyenne. Une consultation des habitants – par des conseils de quartiers ouverts à tous et se réunissant deux fois par an, par l’organisation de débats particuliers pour un projet précis de territoire, par le contact quotidien des élus avec les électeurs – permet d’éviter des erreurs, de mieux faire comprendre la difficulté de certains choix, de faire prévaloir l’intérêt général sur les intérêts particuliers. Démocratie exige pédagogie et sagesse.

La tradition havraise a longtemps été de voter pour le Parti communiste. Vous vous situez à droite de l’échiquier politique. Pensez-vous que les impératifs de gestion locale puissent transcender les oppositions idéologiques ?

A. R. : Le maire, lorsqu’il est élu, doit considérer qu’il est le maire de tous les habitants de la ville. En 1995, élu maire du Havre à ma quatrième tentative dans une ville dirigée depuis trente ans par le Parti communiste, j’ai fait confiance à l’administration municipale, considérant que les fonctionnaires territoriaux sont loyaux dans leur immense majorité, et je n’ai pas modifié les barèmes des aides aux associations. L’ambiance était électrique au début mais mon souci de mettre en place une démocratie apaisée a finalement été reconnu.

Comment définiriez-vous la tâche de l’élu ? Que pensez-vous d’une réforme du statut de l’élu, qui permettrait de faire en sorte que la représentativité nationale soit mieux conforme à la diversité sociale ?

A. R. : Briguer un mandat électif est un choix de vie, avec ses contraintes et ses formidables satisfactions si l’on a les convictions et les projets. La recherche d’un « statut d’élu » ne me paraît pas une bonne réponse. Personne, heureusement, n’est élu à vie. En revanche la surreprésentation des fonctionnaires nationaux ou territoriaux à l’Assemblée Nationale et au Sénat pose à l’évidence un problème. Comment assurer un meilleur équilibre entre ceux qui s’engagent dans la vie politique avec une garantie absolue d’emploi à la sortie et ceux qui n’en ont aucune ? Ce sujet, majeur en France, mériterait une réflexion apaisée en regardant peut-être ce qui se passe ailleurs.

 

Propos recueillis par Catherine Robert

 

Colloque national du 7 décembre 2013. Théâtre 95, Allée du Théâtre, 95 Cergy-Pontoise.
Tél : 01 30 38 11 99.

A propos de l'événement


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