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Edith Canat de Chizy et Graciane Finzi

Edith Canat de Chizy et Graciane Finzi - Critique sortie Classique / Opéra

Publié le 10 mai 2008

Composer en toute indépendance

A l’écart des modes, les compositrices Edith Canat de Chizy et Graciane Finzi développent un langage sincère et innovant. Le Festival leur a commandé à chacune une création pour l’Orchestre National d’Ile-de-France.

« Graciane et moi sommes considérées comme étant à part. Les querelles d’esthétique nous importent peu. » Edith Canat de Chizy
 
Etre une femme et composer : est-ce aujourd’hui complètement accepté ?
 
Edith Canat de Chizy : Cela ne m’a jamais gênée. La seule difficulté, c’est de composer ! Je suis par ailleurs la première femme compositeur à avoir été élue à l’Académie des Beaux-Arts.
Graziane Finzi : On peut remarquer qu’il y a peu de femmes qui composent. Au Japon, elles sont plus nombreuses à s’y consacrer. Ma fille, Mélanie Thiébaut, est chef d’orchestre, autre métier musical à tendance masculine…
 
A l’heure de l’éclatement des courants compositionnels, comment vous situez-vous ?
 
G.F. : Depuis ma première œuvre écrite à l’âge de 18 ans jusqu’à aujourd’hui, je suis restée fidèle à mon langage. Dans les années 1970, je ne me reconnaissais pas dans les expériences menées alors. Je suis néanmoins à l’écoute de ce qui se passe, notamment des musiques du monde. Née au Maroc, j’ai toujours été sensible aux rythmes des gnawas.
E.C.d.C. : Après mes classes d’écriture, je suis allée étudier avec Ivo Malec, grand maître de l’électroacoustique. Ce fut pour moi un bain de liberté. J’ai ensuite côtoyé Maurice Ohana. Ce qui me motive, c’est la recherche sur le timbre, le son. Graciane et moi sommes considérées comme étant à part. Les querelles d’esthétique nous importent peu. Mais l’indépendance peut parfois se payer cher…
 
Parlez-nous de vos œuvres qui seront créées au Festival.
 
E.C.d.C. : Sachant que j’avais beaucoup écrit pour la voix, le Festival m’a commandé une œuvre pour chœur et orchestre. J’ai choisi un texte d’un poète américain de la fin du XIXème siècle, Walt Whitman, Song of Joys, qui passe en revue toutes les joies de la vie. Cela rejoint mon questionnement sur l’au-delà présent dans toutes mes œuvres.
G.F. : J’ai écrit pour les membres de l’ONDIF une pièce de musique de chambre, Au fil du temps. L’effectif de dix musiciens s’apparente un peu à celui d’un orchestre en miniature. C’est un vrai challenge d’instrumentation. Par ailleurs, je suis partie sans idée préconçue : l’œuvre évolue comme une promenade.
 
Propos recueillis par Antoine Pecqueur


Edith Canat de Chizy : Song of Joys. Vendredi 23 mai à 21h dans la grande salle avec l’Ensemble Sequenza 9.3 et l’Orchestre National d’Ile-de-France, sous la direction de Jean Deroyer (avec aussi des œuvres de Stravinski, Deshaulle, Ligeti et Adamek).
Graciane Finzi : Au fil du temps. Dimanche 25 mai à 11h30 dans la petite salle avec les membres de l’Orchestre National d’Ile-de-France (avec aussi des œuvres de Campo, Lindberg et Webern).

A propos de l'événement


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