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DECLAN DONNELLAN

DECLAN DONNELLAN - Critique sortie Théâtre
DECLAN DONNELLAN

Publié le 10 septembre 2007

COEURS PURS ET ESPRITS TROUBLÉS

L’OMBRE DE TROIE ET LE SOUVENIR DES GUERRIERS VALEUREUX PÈSENT SUR LA
COUR DE PYRRHUS OÙ SE NOUENT LES DRAMES DES AMOURS MALHEUREUSES.
DECLAN DONNELLAN S’EMPARE DE LA FAROUCHE ANDROMAQUE !

L’Epire regarde, par-delà les mers, Ilion comme sa rivale et son risque : les yeux inconsolables d’Andromaque se noient dans le souvenir d’Hector, et le malheureux Oreste, deux fois fils du meurtre, surgit de la cité détruite avec l’espoir improbable de retrouver celle que les Achéens ont promise à un autre. Les ruines de Troie fument encore dans chaque geste et dans chaque parole, interdisant la paix et promettant la folie à ceux que la guerre a flétris. Racine démontre, dit Declan Donnellan « que la vengeance n’est que nostalgie et que la culpabilité fait de nous des irresponsables ». La mort s’apprête encore à faucher des êtres que la seule nécessité du butin rassemble et que l’acharnement d’un destin impitoyable maudit jusque dans leurs attachements.

CRISE DE LA FILIATION

Le seul amour véritable de cette tragédie survit dans le visage de l’enfant qu’une veuve désespérée a nourri au lait d’une mamelle vengeresse et qu’elle protège en même temps qu’elle l’utilise. « La relation enfants-parents est le thème central » du chef-d’oeuvre racinien, selon Declan Donnellan. « Obsédés par eux-mêmes et par leurs parents », tous issus de familles exécrables où la piété filiale est obligée au crime, les quatre personnages de la tragédie sont les prisonniers d’un passé qui leur interdit d’espérer toute sérénité puisque le fer n’a de cesse de fouiller dans la plaie. « Suicide, meurtre et psychose semblent être le destin de ceux qui ne veulent pas lâcher prise » affirme le brillant metteur en scène britannique dont on connaît le talent et la finesse à ausculter et scénographier la complexité des rapports humains. Entre Donnellan et Racine, rencontre au sommet, donc, entre deux spécialistes des affres de l’âme !

Catherine Robert


Andromaque, de Jean Racine ; mise en scène de Declan Donnellan. Du 12 au 16 décembre 2007.

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