La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

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CHRISTOPHE PIRET

CHRISTOPHE PIRET - Critique sortie Théâtre

Publié le 10 octobre 2011

LE CINEMA DE LA VIE

CHRISTOPHE PIRET INTERROGE LE CINEMA DE NOS VIES ET LA FRONTIERE ENTRE REALITE ET FICTION, EN MELANT LE TOURNAGE D’UN FILM ET LES ECHANGES ET LES CONFIDENCES DES COMEDIENS ENTRE DEUX PRISES.

« Ce qui m’intéresse, c’est quand je sens l’être, quand l’acteur amène ce qu’il est. » Christophe Piret
 
 
Pourquoi ce titre ?
Christophe Piret : Avec les acteurs, nous avons réfléchi à nos destinées, à ce qui s’est écrit dans nos vies, nous demandant si nous avions prise sur nos destinées, sur le scénario de nos existences. Et au théâtre, Macbeth porte ces questions. Les personnages sont donc obsédés par l’idée de monter cette pièce d’où est tiré le titre. Ce titre invite à se demander si nous ne sommes pas un peu les idiots de nos vies, avec ces parts de naïveté, d’envie, de désir qui sont nécessaires pour vivre.
 
Comment s’est déroulé le travail ?
C. P. : J’amène des thèmes aux comédiens, on travaille autour de ces thèmes, et j’écris à partir de leurs propositions. Ensuite, on voit si on a ouvert des portes, si ça s’use, ou si ça fleurit. C’est une sorte d’autofiction collective, sur le fil entre réalité et fiction, qui conduit sans cesse le spectateur à se demander si ce qui se dit est vrai ou non.
 
C’est aussi un spectacle sur le cinéma…
C. P. : Ce spectacle tourne autour du cinéma de nos vies. Dans tous les sens du terme : le scénario de nos destins, les films qu’on va voir et qui disent qui l’on est, mais aussi le cinéma comme rêve, comme possible sublime. Le paradoxe tient dans cette expression : quand on dit de quelqu’un qu’il fait du cinéma, cela veut dire qu’il ne fait pas du vrai. Pourtant, le cinéma va sans cesse chercher du réel. Car au cinéma, on voit davantage la vérité : le détail d’une larme au bord de l’œil, l’intensité d’un regard n’ont pas besoin d’être amplifiés comme au théâtre. Mais dans l’un et l’autre cas, ce qui m’intéresse, c’est quand je sens l’être, quand l’acteur amène ce qu’il est, qu’il est au plus proche de lui-même.
 
Partez-vous donc des acteurs plus que des personnages ?
C. P. : Oui. Par exemple, Thierry Dupont est handicapé, orphelin, il a réussi à tordre son destin à force de poursuivre son rêve, à devenir chanteur de rock’n’roll. Elena, elle, est danseuse russe et elle se retrouve ici sur un plateau de théâtre dans le Nord de la France. Ce qui est important, pour moi, au théâtre, c’est le caractère irremplaçable des êtres. Si c’est quelqu’un d’autre qui est sur le plateau, alors c’est une toute autre histoire qui se déroule.

Propos recueillis par Eric Demey


Une histoire dite par un idiot, écrit et mis en scène par Christophe Piret. Du 1er au 3 février 2012.

A propos de l'événement


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