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Festival Temps d’images 2008

Festival Temps d’images 2008 - Critique sortie Théâtre
Légende photo : Yan Duyvendak montre les rapports mimétiques entre l’homme et ses représentations par l’image.

Publié le 10 septembre 2008

Pour sa septième édition, le festival renforce sa dimension internationale et continue d’explorer le dialogue des images et de la scène.

« Transgression des frontières » : c’est sous cette bannière, insolemment dressée au-dessus des barrières disciplinaires, que va se déployer la septième édition de Temps d’Images. Né en 2002 d’un fécond dialogue entre Arte et La Ferme du Buisson, le festival a su découvrir au fil des ans de passionnants territoires d’invention à la croisée de la scène et des images. « Aujourd’hui, les artistes comme les spectateurs ont intégré l’image en tant qu’élément scénique et vecteur de narration. La transgression des frontières qui séparaient cinéma et spectacle vivant est devenue un état de fait. », constate José Manuel Goncalvès, directeur de la Ferme du Buisson. Au-delà des effets de mode, dont certains usent pour satiner leur inspiration fatiguée d’un vernis de modernité, le frottement du vivant et des techniques audiovisuelles a bel et bien fécondé de nouveaux langages. « Deux évolutions se dessinent qui creusent encore ces échanges. D’une part, le retour de la dimension performative, introduite voici trente ans par des artistes souvent issus des arts plastiques. Les images, plus sophistiquées maintenant tant dans la facture que le support, sont saisies sur le vif et projetées en scène durant la performance. D’autre part, surgissent des propositions entre l’installation, le cinéma et le spectacle vivant, qui provoquent parfois même un déplacement du spectateur. Cette tendance-là induit un rapport différent au public et des modes de narrations filmiques inhabituels. »
 
Transgression des genres
 
C’est à frayer hors des chemins balisés pour découvrir ces démarches novatrices qu’invite la programmation 2008, qui se décline en « spectacles », « chantiers », « petites fabriques », « installations » ou encore « nuit curieuse ». Soit une quinzaine de propositions, sans compter les échos dans les quelque onze pays qui ont développé leur Temps d’images. Avec Elephant people, Renaud Cojo poursuit sa quête des figures du monstrueux, transférées sur un plateau télé. Yan Duyvendak traverse aussi l’univers de la télévision et des jeux vidéos mais porte son Focus sur ces visions qui s’incrustent jusqu’à façonner nos représentations du monde. De même que le Collectif Berlin, dans Bonanza et Jérusalem, joue de l’écart entre la carte et le territoire pour dévoiler ces deux villes autrement. Ou encore Ari Folman et Avi Mograbi qui, avec Si loin si proche Orient, bousculent les visions habituelles des rapports entre Israéliens et Palestiniens. Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval ouvriront quant à eux leur chantier des Amants, leur futur film, et mobiliseront l’expérience du spectateur. Voici quelques exemples de ces approches singulières, qui comptent aussi Michel Schweizer, Hubert Colas, Kornél Mundruczó, Fred Poulet, etc. : des artistes qui usent de la transgression des genres pour ébrécher le carcan des modes de pensées moulés par l’habitude.
 
Gwénola David


Temps d’images, du 11 au 19 octobre 2008, à La Ferme du Buisson, Scène nationale Noisiel – 77437 Marne-la-Vallée. Rens. 01 64 62 77 77, www.lafermedubuisson.com  et www.tempsdimages.org .

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