How deep is your usage de l’art ? (nature morte), conception Antoine Franchet, Benoît Lambert, Jean-Charles Massera
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La compagnie El Duende interroge le collectif à travers un spectacle mêlant écriture de plateau et musique, dans une mise en abyme qui permet d’élargir la réflexion sur la place de l’artiste à celle de l’individu dans la cité.
La création collective peut-elle encore exister ? Telle est la question posée par le Théâtre El Duende, compagnie fondée en 1998 avec pour nom et totem cette notion assez intraduisible, « el duende », enracinée dans la culture hispanique et définie par Federico García Lorca comme « magie » ou « transe ». Habituée aux écritures de plateau, la troupe espagnole n’échappe pas à la règle pour son nouveau spectacle Et là-haut les oiseaux, dont l’histoire (fictive, mais peut-être pas tant que ça) part précisément d’une expérience d’écriture collective. Tout commence par l’appel téléphonique d’une conseillère culture qui propose à une compagnie la commande suivante : écrire une pièce de théâtre sur la notion de peur, en sept jours seulement. Le spectateur assiste alors au processus créatif des artistes qui échangent des idées, lorgnent vers un grand frigo, symbole de leur santé financière et morale, et construisent peu à peu une fable sur la peur autour d’habitants d’un immeuble, mais aussi sur la fable elle-même. Ces deux niveaux (les coulisses de la création d’un côté, le résultat de cette création de l’autre), occasionnent une mise en abyme d’autant plus intéressante que l’immeuble est, comme une troupe théâtrale, le lieu du collectif, à la différence près que ses habitants ne se choisissent pas.
Une mise en abyme stimulante
Forte de ce double niveau, la mise en scène se révèle vivante et rythmée, d’autant que la compagnie a trouvé des moyens astucieux d’habiller l’espace nu du plateau, grâce à des dessins projetés sur un écran ou des mots jaillissant sur un tableau noir. La musique, jouée sur scène par un trompettiste, une flûtiste, un guitariste et une pianiste, contribue également à faire respirer l’action. Si on peut regretter certains clichés, dans la caricature des personnages (la conseillère culture, le journaliste) comme dans le traitement parfois naïf des thèmes (le réchauffement climatique, les migrants), il reste que la compagnie réussit à susciter une réflexion stimulante sur le collectif, vu à la fois par le prisme d’une troupe artistique et par celui d’un immeuble de quatre étages brassant différentes générations, classes sociales et modes de vie. Grâce à l’énergie communicative de ses 12 acteurs et musiciens, la compagnie El Duende fait la preuve que le collectif n’est pas mort malgré l’individualisme de notre société contemporaine.
Isabelle Stibbe
Les vendredis 22 et 29 novembre à 20h30, les samedis 2, 9, 16, 23 et 30 novembre à 20h30, les dimanches 3, 10, 17 novembre à 17h30 ; les vendredis 6 et 13 décembre à 20h30 et les samedis 7 et 14 décembre à 20h30. Tél. : 01 46 71 52 29.
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