« Shahada » de Fida Mohissen, une bouleversante traversée existentielle, mise en scène par François Cervantes
Fida Mohissen et Rami Rkab, précisément et [...]
Emma la clown investit La Scala de trois de ses pièces emblématiques : une trilogie de solos qui met magnifiquement en lumière son personnage dans ses multitudes, à travers des thèmes profonds et touchants.
Sous le divan, Même pas peur, et Qui demeure dans ce lieu vide ? ont été créées entre 2004 et 2021. Rassemblées ici – où à voir séparément, au choix – ces pièces nous disent la force de ce personnage de femme clown, sa singularité dans le paysage, et l’importance de ses interrogations. Clown de théâtre plus que de cirque, elle tient une place unique à côté des clowns rugueux comme Le Boudu ou trashs comme Ludor Citrik, dans un registre impertinemment tendre. D’autant que ses thèmes de prédilection s’affirment hautement philosophiques : ici, la vie, la mort, et le vide (ou plutôt le théâtre !…) nous offrent, dans une fausse naïveté, de poser un regard neuf et délicat sur notre humanité. Il faut la voir, avec son nez rouge cabossé, sa voix perchée, son flot-mitraillette, sa dégaine enfantine, poser de but en blanc : « j’ai envie de mourir » ! Ou écrire son testament, ou rechercher « l’innommable »… Le ton est sérieux, mais l’adresse au public est éminemment drôle et c’est dans toutes ses digressions que se niche la faille, celle qui décroche le sourire ou la larme.
En thérapie pour s’aimer soi-même
Qu’elle nous emmène en thérapie, qu’elle mette en scène sa propre mort, ou qu’elle nous embarque dans une séance de recherche du vide, Emma la clown conduit ses monologues, bourrés de jeux de mots inventés, en prenant bien soin d’inclure le public. Si le fil des trois pièces nous dit de s’aimer soi-même, il révèle aussi un joli rapport au propre double d’Emma, comme une seconde surface de projection des rêves de la clown, et de ses impossibilités : d’abord à travers une petite marionnette, ensuite avec une poupée de chiffon à taille réelle, et enfin dans l’image vidéo de Meriem Menant, qui dialogue avec elle-même. Un étrange face-à-face entre l’autrice et son personnage pour mieux nous parler du théâtre, mais aussi d’un endroit du clown qui lui est propre et qu’elle revendique. Celle qui ne sculpte pas de ballons, ni ne jongle, encore moins ne mime, ne se prend pas plus de tartes à la crème que de pieds dans le tapis, nous offre un moment d’humour et de réflexion qu’il est important de pratiquer, loin des seuls en scène politiques ou communautaires qui monopolisent trop souvent l’idée même de l’humour.
Nathalie Yokel
Les 8 et 15 juillet à partir de 14h05. Tél. : 04 65 00 00 90.
Emma la clown Sous le divan à 14h05, Emma Mort, Même pas peur à 16h05, Qui demeure dans ce lieu vide ? à 17h55.
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